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M3, FISC, OR, COLLECTIONS (suite) NOS PIÈCES PARTIRONT -ELLES À LA FONTE ?

| 26/05/2006
Informations
Texte publié en Mai 2006 sur le site cgb.fr :
 

Comme la Réserve Fédérale l’avait dit et que nous l’avions annoncé, la publication de M3, l’agrégat monétaire qui permet d’avoir une idée sérieuse du nombre de dollars en circulation dans le monde, donc d’en déduire une valeur du dollar, a cessé , (car ce chiffre ne servait à rien, dixit la Réserve Fédérale, voir BN020, page 5 et 6). Un commentaire reçu d’un lecteur du BN « Pour faire tomber la fièvre, les US utilisent une bonne vieille méthode de politicien français : ils cassent le thermomètre... »

Le plus ahurissant est qu’aucun des grands médias américains ne l’a annoncé et la seule mention trouvée aux USA, hors sites internet spécialisés, est un petit article de Jim Jubak sur msn.money. Il pose évidemment la même question que moi : « La Réserve Fédérale veut que vous pensiez qu’elle lutte contre l’inflation. Alors pourquoi retire-t-elle un indice important de mesure de la masse monétaire qui indique les proportions de son accroissement qui nourrit l’augmentation des prix ? » Et il n’a pas plus de réponse. Si vous êtes anglophone, lisez l’article, excellent et facile à suivre. Il est écrit pour les Américains mais nous concerne tous : l’euro sera directement visé, donc nos exportations, donc notre chômage et niveau de vie, par des dérapages violents du dollar.

La conséquence immédiate a été, sur internet, pas dans les grands médias, une nuée de rumeurs et de déclarations alarmistes. La plus belle rumeur a été rapidement démentie, et émane de Sterling Seagrave : le gouvernement US aurait ordonné au Bureau of Engraving and Printing d’imprimer immédiatement deux mille milliards de dollars papier (two trillion dollars) et de faire tourner les presses en continu. La rumeur a été largement reprise, commentée et discutée, pour être rejetée : la capacité actuelle de production est incapable de faire face et il est bien moins coûteux de créer de l’argent électronique.

Mais, plus grave, les commentaires de David Walker, le «Contrôleur Général des comptes» aux USA, l’équivalent de notre Cour des Comptes locale, qui semble d’ailleurs avoir autant de pouvoir effectif là-bas qu’ici... (voir sa biographie) et il est interviewé par Stephen Sackur, (voir sa biographie) .

Le Contrôleur Général  considère que son pays va vers une crise fiscale, financière et sociale dramatique, il parle carrément de raz-de-marée fiscal à venir pour couvrir les déficits (voir l’interview en vidéo) . Ce genre de personne disant ce genre de choses, c’est très très ennuyeux, pour le moins...

Également à remarquer, un discours de Ron Paul, représentant des Répu-blicains du Texas - donc le parti de Bush, dans l’État de Bush, (lire le commentaire en français), l’original est sur le site du sénateur, en anglais. Ron Paul est absolument assassin à l’égard de la politique monétaire des USA. Remarquons à propos que l’on n’a jamais vu en France un député du parti du président au pouvoir s’exprimer de la sorte.

Bref, il peut se passer rigoureusement n’importe quoi, ce que nous craignions dans le BN020, ou un bras de fer de dévaluation compétitive entre la Chine et les USA. Inutile de préciser que dans ce cas, le «modèle social et économique européen» n’y survivrait pas. On se demande d’ailleurs ce qui survivrait, sauf la valeur de l’or, bien entendu... ce qui nous concerne directement, collectionneurs et professionnels.

 

 

Nous avons enfin trouvé le texte de loi,  où l’article 68 nous concerne. Inutile de le citer en entier car il est inintelligible pour un non-spécialiste, se composant princi-palement de modifications d’articles existants. La partie qui compte est :

«Art. 150 VL. - Le vendeur ou l’exportateur, personne physique domiciliée en France, peut opter pour le régime défini à l’article 150 UA à la condition de justifier de la date et du prix d’acquisition du bien ou de justifier que le bien est détenu depuis plus de douze ans. Dans ce cas, la taxe forfaitaire prévue à l’article 150 VI n’est pas due.

« Art. 150 VM. - I. - Une déclaration, conforme à un modèle établi par l’administration, retrace, selon le cas, les éléments servant à la liquidation de la taxe ou l’option prévue à l’article 150 VL. Elle est déposée :

« 1° Pour les cessions réalisées avec la participation d’un intermédiaire domicilié fiscalement en France, par cet intermédiaire, au service des impôts chargé du recouvrement dont il dépend ou, lorsqu’il s’agit d’un officier ministériel, au service des impôts chargé du recouvrement compétent pour l’enregistrement de l’acte lorsqu’il doit être présenté à cette formalité, dans le délai prévu par l’article 635. Toutefois, lorsqu’il est redevable de la taxe sur la valeur ajoutée, l’intermédiaire ou l’officier ministériel dépose, selon le régime dont il relève, sa déclaration soit en même temps que celle prévue à l’article 287 et relative à la période d’imposition au cours de laquelle l’exigibilité de la taxe forfaitaire prévue à l’article 150 VI est intervenue, soit au plus tard à la date de paiement de l’acompte, prévu au 3 de l’article 287, afférent au trimestre au cours duquel l’exigibilité de la taxe forfaitaire est intervenue ;

Donc, si nous comprenons bien, le vendeur doit demander l’imprimé 2092 qu’il enverra à son service des impôts et le professionnel doit déclarer une exoné-ration de taxe à son propre service des impôts. Il faut donc que les services fiscaux recoupent les informations pour détecter une fraude éventuelle d’un coté ou de l’autre (on appréciera aussi que le vendeur n’est pas tenu de présenter au professionnel un accusé de réception de déclaration à son propre service des impôts, le professionnel n’a donc aucune garantie que son interlocuteur a fait sa partie de la déclaration). Le recoupement n’ayant pratiquement aucune chance de se faire en temps utile... le fraudeur est parfaitement tranquille.

Pourquoi une loi aussi bizarre et mal ficelée a-t-elle été conçue ? Manifestement pour répondre à la demande des banques qui proposent des investissements en or dématérialisé, de l’or «papier», qui correspond en tout à de l’investissement actions : certitude de date d’achat, certitude de propriétaire, certitude de prix d’achat, non fongibilité, bref, l’or devient un titre de bourse comme un autre, à condition de ne pas être physique. Exemple LYXOR GBS (Code GBS), basé sur Londres, une action correspond à 1/10 d’once valorisé sur le spot de Londres.

Nous maintenons donc notre point de vue du BN020 : nous refuserons toute transaction en exonération de taxe, convaincus de finir les dindons de la farce le jour où un client se révélera être un fraudeur. À ce propos, j’ai blasphémé le rédacteur de cette loi dans le BN020 : il a effectivement interrogé des professionnels de l’or et non des moindres : les patrons de la CPR et de Cookson.

Il faut donc constater que ces éminents professionnels, rassurés par leurs services juridiques internes de haute volée, n’ont ni les inquiétudes ni le mauvais esprit d’un petit professionnel comme moi...

Sachant qu’à partir de douze ans de possession, il n’y a ni taxe sur les plus-values, ni taxe forfaitaire, je ne ferais même pas mention des fabuleuses possibilités de blanchiment offertes par la conjonction de ce texte et de la pratique de certains de payer l’or de bourse par chèque. Là, c’est franchement Byzance, Versailles et Babylone... pour les blanchisseurs.

Bref, pour nous, c’est non. Nous préférons perdre les clients qui voudraient bénéficier de cette loi : ceux qui disposent de factures nominatives descriptives, ou de l’acquit des taxes sur une succession contenant de l’or et qui, bien entendu, ont à vendre exactement ce qui est décrit sur ces documents. Des questions ? prieur@cgb.fr ou nous rendre visite.

Inutile de faire remarquer qu’entre le BN020 (550 $/once) et la rédaction de ce texte pour le BN021 (627 $/once) l’or a pris 10 % dans le mois. En terme de lingot, il est passé de 14.500 € à une parité internationale de 16.350  €.

Inutile non plus de faire remarquer que la BCE a vendu, durant cette période, 57 tonnes d’or sans que le marché bouge un cil ni ne marque le moindre temps d’arrêt dans sa progression. Bel estomac ! (Soupirons ensemble en rappelant que l’accord de Washington qui réduisit et coordonna les ventes d’or des banques centrales se signa en 1999 sur de l’or à 260 $/once, moins de la moitié du cours actuel. Nos banquiers centraux ont vendu au plus mauvais moment possible... belle gestion de notre argent !! Sans rappeler non plus un ex-ministre des Finances et candidat à la présidentielle, qui, pendant son passage à Bercy, souhaita vendre 500 tonnes d’or de la Banque de France...

Des conseils ? Non. Nous restons imperturbablement sur ce que nous conseillons depuis vingt ans à nos clients. « Vous avez besoin d’argent ? Vendez ». « Vous n’avez pas besoin d’argent ? Gardez ». Mais il ne faut peut-être pas non plus suivre ce conseil à la lettre : l’or est à son plus haut en 25 ans (si l’on ne tient pas compte de l’inflation) et chacun sait que les arbres ne montent pas au ciel. Peut-être est-ce le moment de vendre ? Si vous venez nous voir pour vendre, même sans avoir besoin de cet argent, nous n’allons pas refuser la transaction, chacun se fait son propre jugement !

 

Mais vous pouvez aussi penser que la hausse va se poursuivre et venir acheter.

Notre fonction n’est pas de vous dire ce qui va arriver et à quel cours nous serons dans un ou cinq ans.

Notre fonction est de vous dire ce que vous devez faire pour l’or par rapport à ce que vous pensez par ailleurs.

Vous pensez que : « nous sommes sur une planète fiable, en fin de compte correctement gérée par des hommes politiques à peu près honnêtes et sérieux dans la mesure du possible, malgré tout dévoués au bien public, que si nous pouvons avoir dans le futur des périodes un peu difficiles, tout rentrera finalement dans l’ordre » . Vendez.

Vous pensez le contraire ou peu s’en faut ? Achetez.

Si vous voulez suivre l’actualité réelle de la question (tout le monde aura remarqué que pas un journal économique « officiel » ne fait mention de la hausse de l’or)

Pour les francophones stricts :

- le blog finances, rédacteur en chef Emmanuel Gentilhomme, qui lit le BN et nous cite. Son analyse de la législation sur l’or de bourse recoupe la nôtre. On remarquera l’un de ses derniers articles sur le changement de position de GFMS, qui devient haussier. GFMS, si vous êtes anglophone et avez vraiment de l’argent à mettre sur le métal, publie une lettre d’informations payante qui vous sera un passage obligé. Nous les connaissons bien puisque nous rencontrons leur représentant tous les trois mois à son passage en France (non parce que nous sommes spécialement compétents et impliqués, mais parce que nous parlons anglais !) leur souci du détail et de l’analyse du réel est impressionnante.

- le forum de discussion de boursorama, repère de goldbugs acharnés qui ne jurent que par l’or. J’ai choisi un commentaire là encore à propos du changement de position de GFMS mais c’est tout à fait à suivre en général, certains des intervenants ont dû se faire greffer des canines en plus !

Pour les anglophones :

- Daily Reckoning -  écrit par des Américains vivant à l’étranger (fondamental pour libérer leur point de vue de l’américano-centrisme) qui vouent aux gémonies les politiques économiques, fiscales, militaires, sociales et par dessus tout monétaires de leur gouvernement... ils sont donc très favorables à l’or.

 

 

Là, nous avons tous un vrai problème car faute de prix suffisamment élevés, des dizaines de milliers de monnaies de collection qui auraient fait la joie de collectionneurs vont probablement passer à la fonte.

Si vous prenez votre FRANC et regardez les cotes de l’or français en TB, voire en TTB pour les très courantes, vous comprenez immédiatement le problème : la valeur en poids métal des pièces a rattrapé et dépassé les cotes. Partez sur une valeur métallique actuelle à 93 € le napoléon de 20 francs, vous avez la 40 francs à 186 €, la 50 francs à 233 € et la 100 francs à 465 €.

À ce compte, reprenez une vente récente, MONNAIES XXIII, clôture le 27 novembre 2004, il y a moins d’un an et demi. Il y a de quoi être écœuré car presque la moitié de la vente, pour l’or français XIXe, a été vendue au-dessous de la fonte actuelle.

Or, dans nos ventes sur offres comme dans les ventes à l’amiable (et je ne parle pas des ventes aux enchères avec commissaire priseur où il y a en prime 15% de frais pour l’acheteur !) il y a des frais de vente.

Donc, il faut que la valeur numismatique de la pièce dépasse de 20% au moins la fonte sinon le vendeur a intérêt à venir nous voir pour demander de vendre directement à la fonte.

Cela nous fait une valeur de référence de 57 € pour la 10 francs, 115 € pour la 20 francs, 230 € pour la 40 francs, 288 € pour la 50 francs et 575 € pour la 100 francs. À ce compte quel pourcentage du fonds numismatique français va finir au creuset ? 50 % ? 70 % ? Plus ?

Des exemples dans MONNAIES XXIII ?

à fondre ?  

100 francs 1879 TTB 53, 420 € - 100 francs 1881 TTB 50, 418 € - 100 francs 1882, TTB 53, 410 € .... de toute la série, il faut trouver une 1902 en SUP 60 (1050 €) pour dépasser très largement la fonte actuelle.

à fondre ?   

Napoléon III ? 100 francs 1855 A TTB 53, 430 € - 100 francs 1856 A, TTB 50, 466 € - 100 francs 1858 A SUP 56.... Échappent au massacre une 100 francs 1855 BB, TTB 53 (655 €), une 100 francs  1858 BB TTB 53 (727 €).

Louis-Philippe ? En 40 francs on trouve des invendus à 230 €, des ventes à 190 €...

On pourrait continuer mais si la situation pose déjà problème, là n’est pas la vraie question. La dernière hausse majeure de l’or (1970/1980) a vu le napoléon passer de 40 à 1000 francs, le lingot passer de 5000 à 100.000 francs. Soit multiplié par vingt. Actuellement, le cours du lingot a été multiplié par deux depuis le plus bas (8.000/16.000 €). Que se passe-t-il si cela continue et que l’on atteint un lingot à 25.000 ou 30.000 € ? Impossible ? Mais non ! Les 100.000 francs atteints par le lingot en 1980, par rapport au pouvoir d’achat de l’époque, correspondent pratiquement à 250.000 francs d’aujourd’hui, soit 38.000 € !

Que va-t-il rester des monnaies d’or françaises modernes à ce tarif ? Pour fixer les idées, cela correspond à une valeur métallique du napoléon de 20 francs à 220 €, la 40 francs à 440 €, la 50 francs à 550 € et la 100 francs à 1.100 €. Prenez le FRANC, il ne reste que les très rares, les superbes de millésimes pas trop communs, les Splendides et les FDC, quand ils existent ! En volume, 3% de l’existant, voire moins. Si personne ne les achète au fur et à mesure de la hausse, que restera-t-il pour les générations à venir ? Notre génération sera-t-elle le creuset de ce que lui ont laissé ses aînés ? Nous allons essayer d’empêcher cela.

Nous mettons actuellement en ligne sur la boutique moderne une très grande quantité de monnaies d’or françaises modernes, plus d’un millier de pièces, depuis les 5 francs jusqu’aux 100 francs, de celles qui sont encore au-dessus de la fonte. N’espérez donc pas y trouver de 20 francs 1811 A en TB, elles sont déjà fondues... mais au moins des TTB communs, des millésimes et ateliers rares.

Au fur et à mesure de la hausse des cours, les pièces seront retirées pour être fondues, mais nous allons essayer d’en sauver un maximum. Envoyez-moi un mail pour signaler votre intérêt pour les monnaies de collection françaises en or vendues au poids, nous vous inscrirons sur notre liste de diffusion « monnaies d’or » et vous recevrez à chaque mouvement significatif du lingot la liste des pièces disponibles à moins de 10 % au-dessus de la fonte. Vous recevrez aussi les nouvelles mises en vente de pièces d’or « normales », bien entendu, y compris les monnaies étrangères car la hausse les atteint toutes !

Après tout, là, c’est de l’investissement en tranches de lingot plus intéressant que d’empiler des coqs tous identiques !

 

Michel Prieur
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