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LES MONNAIES RARES DU XXe SIÈCLE DE DEUX, CINQ ET VINGT FRANCS

| 17/10/2020
Informations

À partir de l’année 1900 et pour les valeurs faciales de deux, cinq et vingt francs, très peu de pièces postérieures s’avèrent rares. Dans cet article, je vais m’intéresser à ces monnaies qui sont apparemment peu courantes et déterminer ce qu’il en est réellement.

Tout d’abord, en examinant les catalogues de cotation et en regardant les cotes les plus élevées, j’ai fait le choix de tenir compte des monnaies dont la cote est supérieure à 1 000€. Je n’ai pas non plus pris en considération les essais qui ne sont pas des monnaies ayant circulé, et la liste des monnaies « rares » est donc la suivante :

Notes :
• Il y a des divergences entre les catalogues de cotation quant aux quantités frappées pour la 5 francs 1936 et la 20 francs 1939, mais cela n’a pas de conséquences particulières.
• Il y a une année pour laquelle on ne connait pas la quantité frappée.
• Je n’ai pas trouvé pour les valeurs de 10 et 50 francs des monnaies avec des cotes élevées.
• Les frappes les plus faibles correspondent aux années 1936 et 1939 pour les monnaies de 5 et 20 francs.
• A priori, on peut se demander comment une monnaie frappée à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires peut être rare ?

À première vue, on peut être étonné qu’il y ait aussi peu de monnaies rares si l’on tient compte du nombre important d’années, de types et de valeurs faciales différents. En réalité, cela s’explique par la quantité frappée pour un seul type qui, en général, est de plusieurs millions ou dizaines de millions de pièces.

Regardons maintenant les cotes correspondantes de ces monnaies pour les états de conservation supérieurs :

Comme à son habitude, le Franc ne donne pas de cotes pour les monnaies rares pour l’état FDC, du moins pour les pièces que CGB n’a jamais eues entre les mains. Dans ce cas, on peut constater que pour l’état SUP, les cotes des deux catalogues sont pratiquement similaires et si l’on compare les cotes du catalogue le Franc pour l’état SPL et celle en état FDC pour le Gadoury, elles sont également semblables.

Pour avoir une première idée de la rareté de ces pièces, regardons du côté des maisons de grading ce qu’il en est (ayant rédigé cet article il y a 2-3 ans, je viens d’actualiser l’information en l’indiquant sous la forme de +1) :

À première vue, toutes ces pièces semblent rares. Cependant on remarque que la 20 francs 1939 n’est pas aussi rare que l’on pourrait croire, surtout en raison de la cote de cette monnaie. Il me semble me souvenir qu’il y a quelques années, les quantités étaient bien inférieures et je suppose donc qu’un rouleau de 10 (ou un demi-rouleau) a fait son apparition entre temps.

Quand on passe à la qualité FDC, il n’y a vraiment pas beaucoup de choix, bien au contraire.

C’est en général lorsque l’on fait le travail de recherche des exemplaires gradés que l’on se rend compte de la rareté réelle de certaines monnaies. Avec des cotes en FDC de l’ordre de 2 000€, 3 000€ ou 4 000€ pour de nombreuses pièces, on se rend compte que ce n’est pas cher payé pour des monnaies que l’on ne voit jamais dans ces qualités.

Nous allons maintenant regarder du côté des enchères pour comparer les cotes et les prix du marché.

Première remarque : trouver ces monnaies dans des ventes aux enchères est très difficile et voici ce que nous avons trouvé dans des ventes récentes :

Nous avons cherché à partir de 2014 et dans toutes les ventes des maisons suivantes : Alde, Beaussant-Lefevre, CGB, Gadoury, MDC Monaco, Palombo, Rieunier. Nous indiquons cela pour bien montrer que ces monnaies ne sont pas proposées souvent dans de belles qualités lors de ventes aux enchères et en l’espace de six ans, un seul exemplaire de la 5 fr 1936 et deux exemplaires de la 2 fr 1927 et de la 5 fr 1939 ont été proposés.

La rareté des 5 francs 1936 et 1939 est indiscutable et nous ne comprenons pas la différence de cote entre ces deux monnaies pour les hauts états de conservation, car elles sont tout aussi rares. Il est certain que l’année 1936 se trouve beaucoup plus facilement que l’année 1939, qui est rare quel que soit l’état de conservation, mais pour les deux années, les très belles pièces sont rarissime. Preuve en est que dans la Collection Idéale de CGB, le plus bel exemplaire pour l’année 1939 est MS61 et celui de l’année 1936 et est seulement AU55, alors que pour les autres années de cette même série, les grades sont MS63, MS64, MS65 et même MS66 ! I ne faut pas toujours se fier aveuglément aux chiffres de frappe, car parfois on a des grosses surprises. En effet, avec plus de 150 000 exemplaires frappés pour chacune de ces années, il ne subsisterait de nos jours que deux exemplaires SPL pour l’année 1939 et deux SUP pour l’année 1936 et aucun FDC. Pour l’année 1939, la rareté peut s’expliquer par le début de la Seconde Guerre mondiale et la refonte des pièces correspondant à cette année. Quant à l’année 1936, il n’y a aucune explication logique et c’est à se demander si à l’époque il y avait des numismates ? Quant à la cote du Gadoury pour la 5 francs 1936 en FDC à 3 600€ elle est très éloignée de la réalité qui devrait être de l’ordre de 10 000€.

Le cas de la 20 francs 1936 et 1939 m’interpelle car cela manque de logique. Je m’explique : normalement, quand une monnaie est rare dans un état de conservation élevé, la cote devrait être importante, même si cette monnaie est très courante. Un exemple concret est la 5 francs 1811 A de Napoléon Ier dont la cote est de 20€ en état B et 4 000€ en FDC. Maintenant, regardons par exemple la cote de ces deux monnaies en SPL, la 1936 est à 1 500€ tandis que la 1939 est à 11 000€, c’est-à-dire plus de sept fois plus élevée. Maintenant, regardons le nombre d’exemplaires gradés en SPL et FDC : il y en a 6 pour l’année 1936 et 18 pour 1939, ce qui signifie tout simplement que les très belles pièces de l’année 1936 sont bien plus rares que celles de 1939. Il y a une incohérence totale avec la réalité, la 20 francs 1936 est bien plus rare, mais paradoxalement elle est bien meilleur marché !

La conclusion à cela est qu’il ne faut pas suivre les cotations aveuglément et bien que dans le cas de monnaies assez courantes, les cotes soient cohérentes, pour les monnaies rares ou les qualités supérieures, il faut faire un minimum de recherches pour obtenir des informations plus concrètes.

Il y a parfois des différences marquées entre la cote et le prix réalisé, mais ce n’est pas parce qu’une monnaie est gradée MS63 et MS64 que celle-ci est parfaite d’un point de vue visuel. Le grade signifie tout simplement que la monnaie n’a pas été nettoyée, retouchée et qu’elle ne présente aucune usure mais, par contre, elle peut présenter quelques coups, le brillant de frappe peut être absent par endroits et la monnaie peut être patinée. « L’impact » visuel est primordial lors du choix d’une monnaie et cela n’est jamais identique pour deux monnaies à moins que les deux conservent le brillant de frappe initial. CGB a présenté deux exemplaires de la 20 francs 1954B de même qualité MS64, mais les prix de vente respectifs ont été de 2 600€ et 3 980€. Comment expliquer une telle différence de 50% sur le prix ? Ci-dessus les images des deux monnaies pour mieux comprendre.

Voici la note descriptive de CGB de cette pièce : Cet exemplaire est absolument « neuf », il a été prélevé en 1954 par un guichetier de la Banque de France et est resté dans sa collection jusqu’à aujourd’hui.

Finalement, avec plusieurs centaines de monnaies émises depuis 1920 jusqu’en 2000 pour des valeurs faciales de 2 fr, 5 fr, 10 fr, 20 fr et 50 fr, il y en a seulement sept qui sont vraiment rares. Pour la grande majorité des pièces, on les trouve généralement sans trop de difficultés en bel état. Nous conseillons cependant de rechercher toujours en priorité les monnaies qui sont les plus difficiles à trouver, car ce sont celles-là qui déterminent en grande partie la « valeur » d’une collection et la facilité en cas de revente. Soyez patient, car ce n’est pas du jour au lendemain que vous allez trouver ces monnaies, mais cela fait partie de la vie et de la joie d’un collectionneur.

Yves BLOT

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