
IRON AGE & ROMAN COIN HOARDS IN BRITAIN

Roger Bland, Adrian Chadwick, Eleanor Ghey, Colin Haselgrove, David J. Mattingly, Adam Rogers and Jeremy Taylor, Iron Age & Roman Coin Hoards in Britain (IARCHB), Oxford 2020, relié (22 x 29 cm), XVII + 384 pages, graphiques et tableaux, illustrations en couleur, importante bibliographie et index. Code : Li 23. Prix : 80€.
Cet ouvrage publié en 2020 n’est pas une nouveauté, mais nous pouvons enfin vous le proposer à la vente. Il suit la publication de deux autres ouvrages publiés plus anciennement. Le premier, sous la plume de Philip de Jersey se dresse l’inventaire des trésors celtiques trouvés en Bretagne, Coins Hoards in Iron Age Britain (CHIAB), Spink, London, 2014, XV + 474 p., 307 trésors et le second paru en 2018, chez le même éditeur, cette fois-ci par Roger Bland, dresse l’inventaire des trésors de la Bretagne romaine, Coins Hoards ans Hoarding in Roman Britain AD 43 – c. 498 (CHHRB), XIV + 392 p., 33pl. Couleur, 3426 trésors 270-215 avant J.-C. et 602 après J.-C.
Ce nouveau livre n’aurait pas pu voir le jour sans la réalisation des deux précédents que nous venons d’évoquer précédemment. En effet, autour d’une équipe pluridisciplinaire, au travers de ces pages les différents auteurs et leurs collaborateurs Stewart Bryant, Nicky Garland, Sam Moorhead, et Katherine Robbins se sont livrés à un travail de recensions et d’analyses de l’ensemble des trouvailles effectuées sur le territoire de la Grande Bretagne entre les périodes celtiques et romaines.
Plus de trésors monétaires ont été recensés en Grande-Bretagne romaine que dans toute autre province de l’Empire. Cet ouvrage complet et richement illustré présente une étude de plus de 3 260 trésors monétaires datant de l’âge de fer et de l’époque romaine découverts en Angleterre et au Pays de Galles, accompagnée d’une analyse et d’une discussion détaillées. Les théories sur la constitution et le dépôt des trésors sont examinées, les schémas nationaux et régionaux dans les paysages où se trouvent les trésors monétaires sont présentés, ainsi qu’une analyse des trésors dont les lieux de découverte ont été étudiés et de ceux trouvés lors de fouilles archéologiques. Il comprend également un examen sans précédent des récipients dans lesquels les trésors monétaires ont été enterrés et des objets trouvés avec eux. Les schémas de constitution des trésors en Grande-Bretagne de la fin du IIe siècle avant J.-C. au Ve siècle après J.-C. sont discutés. Le volume fournit également une étude de la Grande-Bretagne au IIIe siècle après J.-C., période qui a connu un pic de plus de 700 trésors entre 253 et 296 après J.-C. Ce sujet a fait l’objet d’une attention particulière dans le cadre du projet, qui est un projet de recherche collaboratif entre l’université de Leicester et le British Museum, financé par l’AHRC. L’objectif était de comprendre les raisons qui ont motivé l’enfouissement et la non-récupération de ces découvertes. Une base de données en ligne complète (https://finds.org.uk/database) soutient le projet, qui a également entrepris une analyse SIG complète de tous les trésors et des enquêtes sur le terrain d’un échantillon de ceux-ci.
L’ouvrage après la table des matières (p. IV-V), se poursuit avec une liste des 265 figures (p. V-X) et 27 tableaux (p. XI) répartis sur l’ensemble des chapitres de l’ouvrage, une liste des abréviations utilisées dans le livre (p. XIII), une courte préface (p. XV) et une importante liste de remerciement de tous les participants qui ont permis la réalisation de ce projet (p. XVII).
Le plan de l’ouvrage est construit autour de neuf chapitres, dont le premier est une introduction présentant une approche méthodologique nécessaire à la préparation d’un travail d’une telle ampleur (p. 1-15) et justifiant la nécessité d’un tel ouvrage, sa portée et son utilisation. Il suffit de regarder la carte de la page 15 pour se faire une idée de la profondeur du travail réalisé. Le deuxième chapitre (p. 17-54) est un vue d’ensemble de l’inventaire qui a donné lieu à l’enquête et à son exploitation. Les diagrammes et les tableaux s’enchaînent tel un orchestre symphonique où chacun joue sa partition avant d’exploser dans un final qui nous saute aux yeux et nous submerge. Il suffit de jeter un coup d’œil aux deux tableaux de la page 19 (géographique et chronologique) en se basant pour le second sur la classification, déjà ancienne, mais toujours d’actualité de R. Reece. Le total de 2764 trésors n’est qu’un chiffre qui prend tout sons sens avec sa répartition entre les vingt-quatre périodes comprises entre avant la conquête de la Bretagne et la fin de l’empire romain d’Occident, fixée ici à 498, début de la réforme monétaire d’Anastase. Les diagrammes qui suivent ne sont que l’illustration de ces chiffres qui occupent parfois jusqu’à trois pages continues (p. 23-25) suivies de leur expression cartographique (p. 26-48) qui n’est que l’expression criante, mais véridique des chiffres. Le troisième chapitre aborde les conditions d’enfouissement de ces dépôts (p. 55-70). Chaque point est traité d’une manière dense et ramassée, presque chirurgicale en insistant à chaque fois sur les conditions et les raisons de l’enfouissement, mais en examinant la validité et la « vérité » sur l’identité des trésors, considérés, à la manière d’une véritable enquête, comme l’entendait Hérodote afin de reconstituer un récit, une Histoire remplie de sens. Le quatrième chapitre est une introspection géographique (p. 71-136) avec une analyse, parfois fine du paysage et des particularités régionales de certains dépôts et de leurs conditions d’enfouissement où encore une fois les cartes s’entremêlent avec les diagrammes et camemberts en tous genres, figeant les résultats, parfois dans une froide réflexion. Des photos de lieux viennent parfois compléter ces données. Le cinquième chapitre aborde ensuite les contextes archéologiques de ces trésors (p. 137-207). C’est un approfondissement des éléments déjà abordés où aux cartes nationales ou régionales déjà présentées viennent se substituer les cartes des cités, voire de zones encore plus précises, in fine.
Le sixième chapitre aborde les trésors en lien avec leur contenants et contenus, associés parfois aux « artefacts » (p. 209-233). Nous sommes dans un ouvrage de numismatique, consacré aux trésors et aux monnaies qui les composent. Cependant, c’est seulement au cours de ce chapitre, en dehors de la couverture (Frome Hoard) que des photos des trésors font leur apparition (à partir de la p. 212). Le chapitre suivant est une synthèse chronologique des sujets abordés, déjà entrevus dans le deuxième (p. 235-280). Le lecteur, après avoir digéré les précédents, devra revenir souvent sur cette partie ou bien débuter par ce chapitre avant de commencer, tel un archéologue, à étudier les couches successives de l’ouvrage en débutant par le résultat final, ce qui ne se produit jamais en archéologie, le tout, encore une fois éclairé par des diagrammes de tous poils. Le huitième chapitre a une portée plus spécialisée, remettant en jeu la crise du IIIe siècle à laquelle on oppose la continuité, réflexion fort intéressante dans un contexte où le matériel peut faire parler les faits (p. 281-317). Nous invitons le lecteur, en guise de réflexion, à jeter un œil à l’inscription de Carlisle de la page 306, milliaire à double sens, au propre comme au figuré (fig. 8. 21). L’ultime et neuvième chapitre se referme sur la conceptualisation de l’ensemble de ces trésors et sert de conclusion à un ouvrage, vous l’aurez compris, qui n’est pas un roman et ne peut en aucun cas se lire d’un seul trait, mais dont la patiente lecture vous livre les résultats de la Bretagne, principalement à l’époque romaine, le « Roman », vivant témoignage, par le biais d’une province romaine bien particulière, de sa vie quotidienne, au travers du prisme des trésors.
Une importante bibliographie vient compléter l’ouvrage (p. 331-348), suivie d’un index général (p. 355-366) auquel il manque peut-être un index des trésors.
Laurent COMPAROT & Laurent SCHMITT
