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Dans le Bulletin Numismatique du mois de mars (BN 261, p. 34-35) nous évoquions à travers un argenteus de l’atelier de Nicomédie, son remarquable ouvrage consacré au monnayage d’argent de la Tétrarchie, Le monnayage en argent de la réforme de Dioclétien (294-312 p.C.), NA 13, Ausonius, Bordeaux, 2021, 771 p. dont 80 pl. (photos n&b). Georges Gautier nous a quittés dans sa 88e année.
C’était un spécialiste de monnaies romaines, plus particulièrement de l’Antiquité Tardive, précédemment du Bas-Empire. Sa bibliographie comporte plus de quatre-vingts titres entre 1979 et 2023 avant que la maladie ne vienne interrompre ses recherches. Collaborateur privilégié du Dr Pierre Bastien, il avait participé à la publication du Monnayage de l’atelier de Lyon (394-316), NR XI, Wetteren 1990 ainsi qu’aux deux Suppléments qui ont suivi en 1989 et en 2003. Seul ou en collaboration avec J. Dharmadhikari, il s’était plus particulièrement penché sur l’étude de l’atelier d’Alexandrie. Si la partie la plus importante de son œuvre a été consacrée à la période comprise entre le règne de Dioclétien (284-305) et celui de Constantin Ier (306-307-337), il ne dédaignait pas les autres périodes faisant des incursions dans le monnayage du IIIe siècle et ayant participé à la publication de trésors. Il a souvent écrit en collaboration avec de nombreux chercheurs, en premier lieu, Michel Amandry et Patrick Villemur dont il avait aussi partagé les fonctions professionnelles. Chercheur méticuleux, outre Alexandrie, les ateliers de Lyon et de Trèves avaient sa faveur.
C’était un membre assidu jusqu’à une période récente de la Société Française de Numismatique (SFN) où il avait été élu en 1978 avec pour parrains Hélène Huvelin et Pierre Bastien, il en était devenu président entre 2006 et 2009 avant d’être élu membre d’honneur en 2013. Il a souvent pris part aux Journées Numismatiques organisées par la SFN. En 2018, une séance spéciale avait été organisée en son honneur, à l’occasion de son 80e anniversaire pour laquelle certains de ses amis numismates étrangers avaient fait le déplacement.
Il entretenait aussi des relations avec les nombreux professionnels numismates de l’AINP de la place parisienne, sans oublier Pierre Strauss (1922-1995) de la firme Monnaies & Médailles, Bâle, son ami.
Mais avant d’être un numismate, Georges Gautier était un diplomate reconnu au brillant parcours qui l’avait mené après des études de droit et aux langues orientales (arabe) dans de nombreux postes en Afrique du Nord et au Moyen Orient. Il a effectué entre 1966 et 2000, une brillante carrière au Quai d’Orsay, qui s’est terminée par le poste d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Mascate (& Oman). Il était officier dans l’ordre national du Mérite et chevalier de la Légion d’Honneur.
Mais, c’est avant tout le souvenir du numismate que nous conserverons de lui, précis, n’hésitant pas à intervenir lors de nos séances mensuelles afin d’apporter sa contribution ou ses commentaires sur de nombreux sujets.
Laurent SCHMITT (membre d’honneur de la SFN) L'équipe cgb.fr
UNE PRESTIGIEUSE EXPOSITION
POUR LES 30 ANS DU MUSÉE DES TIMBRES ET DES MONNAIES DE MONACO
Créé en décembre 1995 par ordonnance du prince Rainier III et ouvert au public en janvier 1996, le musée des Timbres et des Monnaies de Monaco a aujourd’hui 30 ans. À cette occasion, une prestigieuse exposition, dont le commissaire général est le professeur latiniste émérite Jean-Louis Charlet, est organisée depuis le 24 mars dans les locaux du musée. Conçue à partir des archives de la Principauté, elle fait connaître la genèse de cette création, notamment en ce qui concerne sa partie monétaire. C’est ainsi qu’ont été rappelées, pour la première fois, les expériences de musée Monétaire à Monaco qui précédèrent ce musée, appelé couramment MTM ou encore musée de Fontvieille, avec le rôle majeur joué par un grand numismate niçois décédé en 2002, Jean-Jacques Turc, dont il importe de perpétuer le souvenir.
Cette exposition exceptionnelle, la sixième depuis 2008 en ce qui concerne l’activité monétaire du MTM (2008, 2012, 2015, 2020, 2023, 2026) a été naturellement inaugurée par S.A.S. le prince Albert II comme les précédentes et elle se poursuivra jusqu’à la fin du mois d’avril.
À l’ouverture du musée en janvier 1996, la philatélie occupait la part la plus importante du MTM, ce qui était parfaitement logique. La collection philatélique de S.A.S. le prince de Monaco est en effet une des plus importante du monde, avec celle que possédait la reine Élisabeth II d’Angleterre. En ce qui concernait alors la numismatique, celle-ci était éclatée entre trois collections : celle de S.A.S le prince de Monaco, conservée au Palais avec une partie exposée au Palais même au sein du musée des Souvenirs napoléoniens et des Archives, aujourd’hui disparu ; celle du gouvernement monégasque constituée à l’initiative de Jean-Jacques Turc ; enfin celle du musée d’Anthropologie préhistorique, au Jardin Exotique, où étaient conservées toutes les monnaies découvertes à Monaco depuis le XIXe siècle dont notamment le célèbre trésor de La Condamine (monnaies romaines en or du Bas-Empire).
Fig.1 - plan du Musée - © Musée des Timbres et des Monnaies
La surface totale du MTM comprenant les espaces d’exposition, les locaux administratifs et les réserves est d’environ 600 m². La disposition des deux salles d’exposition est la suivante : une grande salle d’exposition rassemblant un maximum de timbres et de monnaies exposées et une petite salle, dite « salle des timbres rares » réservée à la présentation des raretés philatéliques lors des exposition philatéliques internationales qui ont lieu tous les deux ans au musée sous le nom de Monacophil. Depuis 2008, cette salle accueille les monnaies les plus rares présentées lors des expositions numismatiques de prestige appelées Monaco numismatique (2008, 2012, 2015, 2020, 2023).
Voici comment se présentaient ces deux salles en 1996 (fig.1). Elles ont un peu changé depuis sauf en ce qui concerne la numismatique. On remarquera d’abord l’emplacement d’une grosse machine, une rotative destinée à l’impression des timbres. À l’origine, J. J. Turc souhaitait que le MTM puisse présenter sur cet emplacement, au sol renforcé en raison du poids de la rotative, le balancier de J. J. Droz dit « à têtes de lion » qui avait servi à frapper, de 1837 à 1841, des monnaies et des médailles dans l’atelier monétaire aménagé dans le Palais de Monaco sous le règne du prince Honoré V. Ce balancier avait été acheté à la Monnaie de Paris par Honoré V puis revendu à celle-ci en 1842 après la fin des émissions. J. J. Turc souhaitait que ce balancier, « mis à la retraite » en 1956, retourne à Monaco sous la forme d’un prêt de la Monnaie de Paris. Les négociations ayant échoué à l’époque, l’emplacement destiné au balancier de Droz, fut alors occupé par la rotative.
Fig.2 - Balancier de Droz - © édition Gadoury
Toutefois, les négociations reprises avec mon concours actif, après la mort de J. J. Turc, permirent le retour du balancier à Monaco en janvier 2011, sous la forme d’un prêt de longue durée accordé par la Monnaie de Paris qui accepta d’ajouter au balancier un découpoir. Le balancier de Droz (fig.2) occupe maintenant sur le plan de la fig.1 l’espace marqué « Haltemedia » ; un peu plus tard, une donation permit d’accueillir en complément un petit balancier qui occupe aujourd’hui l’espace marqué « vidéo ». Naturellement, pour pouvoir recevoir le balancier de Droz (1,400 tonne), il a fallu renforcer le sol du MTM à l’emplacement choisi.
Dans la présentation actuelle du MTM, le balancier de Droz et le découpoir sont particulièrement mis en valeur par les textes et les planches de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (1750-1770) dont le balancier, construit en 1796, est presque contemporain ; un exemplaire original de l’Encyclopédie consacré au monnayage ainsi que des ouvrages monétaires de 1692 et 1714 accompagnent les planches d’explication.
Fig.3 - Cérémonie d’installation du balancier en 2011 - ©archive personnelle
Le balancier, qui est un des joyaux du MTM, fut installé solennellement en janvier 2011, avec le découpoir, par S.A.S. le prince Albert II en présence des représentants de la Monnaie de Paris, au cours d’une cérémonie accompagnée d’une petite exposition (fig.3).
À cette date, la surface consacrée aux monnaies dans le MTM avait considérablement augmenté depuis l’époque de J. J. Turc (1996-2002). À l’origine, les monnaies exposées comprenaient celles de la collection du gouvernement, constituée par J. J. Turc, ainsi qu’un échantillon de la collection princière. En 2002, Turc étant décédé, le prince Rainier III décida d’étendre à la numismatique, la compétence de la commission consultative placée auprès de lui pour s’occuper de la philatélie. Christian et Jean-Louis Charlet, quelques années plus tard Francesco Pastrone, furent alors nommés membres de cette commission princière alors qu’ils siégeaient déjà au comité de gestion du musée des Timbres et des Monnaies depuis 1999, en remplacement de J. J. Turc très âgé et victime de son état de santé.
Fig.4 - Vues intérieures du musée - © Musée des Timbres et des Monnaies
Le nombre de monnaies exposées au MTM fut alors plus que doublé par venue de l’échantillon de la collection princière exposée au musée Napoléonien et des Archives, puis par les donations successives de la collection Barruero et de la collection Vescovi de luigini (1600 exemplaires). Dans le même temps, la collection du gouvernement fut fusionnée avec la collection princière. Ces acquisitions permirent d’accroître le nombre des vitrines consacrées à l’exposition permanente de monnaies, monnaies monégasques et billets. Les photos ci-jointes (fig.4) permettent de se rendre compte de l’espace occupé par la présentation des monnaies ainsi que des outillages monétaires, dont le balancier de Droz est le plus important.
Outre la plus belle et la plus importante collection de monnaies monégasques du monde, avec celle du roi d’Italie Victor-Emmanuel III conservée au musée National romain (Rome), l’autre caractéristique principale du MTM est de montrer aux visiteurs les outils et les étapes de la fabrication des monnaies, antérieurement à nos techniques contemporaines. C’est ainsi qu’ils peuvent voir, à l’exception du laminage, les outils des différentes étapes de la fabrication monétaires : gravure des coins, découpage des flans dans les feuilles obtenues par le laminoir à partir de lingots, frappe des flancs qui sont transformés en monnaies par le balancier. Les monnaies sont alors le produit fini dont le visiteur comprend comment il a été obtenu.
Ce caractère pédagogique du MTM, accentué par la présence de nombreux cartels explicatifs, tant des monnaies exposées que des outillages, fut relevé il y a quelques années par le Recteur de l’Académie de Nice. Il fut remarqué également par l’éminente numismate que fut madame Françoise Dumas (1932-2024), ancienne directrice de la Bibliothèque de l’Institut de France (Académie française et les 4 autres Académies) après avoir été conservatrice au Cabinet des Médailles et présidente de la Société Française de Numismatique.
Fig.5 - Photographie de Christian Charlet et Michel Amandry en 2012 - ©jda
Alors en vacances à Nice, Françoise Dumas décida de venir visiter le MTM de Monaco dont elle avait entendu parler à travers mes communications et interventions à la Société française de numismatique où elle participait aux réunions avec assiduité. À son retour à Paris, elle fit connaître sa grande satisfaction d’avoir découvert un musée de grande qualité, présentant des monnaies très rares, en liaison étroite avec le monnayage. Comme le recteur de l’Académie de Nice ultérieurement, elle avait apprécié la pédagogie recherchée par le MTM résolument tourné vers l’information des visiteurs plutôt que vers la satisfaction personnelle des exposants. Le rapport positif très favorable de Françoise Dumas permit de convaincre le directeur du DMMA (Cabinet des Médailles) Michel Amandry d’accepter la participation de la BnF à la première exposition numismatique de 2008 puis à celles de 2012 et de 2015, Michel Amandry venant lui-même personnellement à l’exposition de 2012 comme le montre ci-après la photo où, en compagnie de Chr. Charlet, commissaire général de l’exposition, il installe dans les vitrines les monnaies prêtées par la BnF (fig.5).
L’exposition de 2008 fut consacrée à faire connaître une série de monnaies exceptionnelles, de l’Antiquité grecque à nos jours, les décadrachmes de Syracuse voisinant avec les multiples d’or de Louis XIII appelés communément à tort « 10 louis » et « 8 louis ». À cette occasion, le Cabinet des Médailles avait prêté la pièce de 500 Fr or 1934 au nom de Louis II de Monaco financée à 2 exemplaires par le mécène Charles de Beistegui. Celle de 2012 associa les monnaies à des documents d’archives uniques sur le thème de la souveraineté monégasque reconnue en 1512 et de l’avènement de la Principauté, substituée à la Seigneurie, un siècle plus tard en 1612-1614.
Un beau catalogue, encore disponible au MTM, retrace cette magnifique exposition qui fit mieux connaître aux visiteurs l’histoire de Monaco et de ses princes.
2015 fut une grande date, celle du tricentenaire de la mort de Louis XIV. Beaucoup de gens ignoraient alors les liens exceptionnels qui unissaient le Roi-Soleil et la Principauté de Monaco. Et pourtant… Depuis le traité de Péronne, conclu en septembre 1641 entre Louis XIII et Honoré II de Monaco, des relations privilégiées avaient été créées entre la France et Monaco ; elles sont encore à l’origine des liens actuels entre les deux pays qui reposent sur cette pierre angulaire multiséculaire. À l’occasion de la conclusion de cette nouvelle alliance, Louis XIII avait remis à Honoré II ses propres colliers des ordres royaux et peu après le tout jeune Louis XIV était devenu parrain du futur Louis Ier, petit-fils et successeur d’Honoré II dont Louis XIV fera son ambassadeur extraordinaire auprès du pape en 1700. Cette grandiose exposition (cf. Catalogue) mit en lumière de façon éclatante la numismatique du Roi-Soleil et celle des princes de Monaco, valorisée par la présence de somptueux documents d’archives prêtés par le Palais de Monaco (Direction des Archives et de la Bibliothèque).
Parallèlement, à la suite de la donation du grand collectionneur monégasque Marcel Barruero, le numismate professionnel Romolo Vescovi fit don au prince Albert II de son exceptionnelle collection de luigini (1600 exemplaires variés) qui avait servi à la rédaction de l’ouvrage du commandant Cammarano (1998), publié par les Éditions Victor Gadoury avec le concours du Cabinet des médailles de la BnF. Les luigini (italien : petits louis) étaient les imitations des petites pièces d’argent de 5 sols, créées par Louis XIII en 1641 et frappées ensuite par sa nièce, Anne-Marie-Louise de Bourbon-Orléans-Montpensier, princesse de Dombes, fille de Gaston d’Orléans et cousine germaine de Louis XIV. Ces petites pièces d’argent furent systématiquement imitées à Orange, Monaco, sur la Riviera italienne et en d’autres endroits, conduisant à une énorme production spéculative d’environ 180 millions d’exemplaires dispersés dans l’Empire ottoman, appelé « Le Levant » où leur valeur était augmentée jusqu’au double. Commencée vers 1658, cette spéculation fut stoppée par les autorités turques en 1670. L’exposition au MTM en 2023, grâce à la collection Vescovi devenue monégasque et à d’autres, dont celles de Jean-Louis et Olivier Charlet, permit la rédaction d’un exceptionnel catalogue scientifique qui est aujourd’hui une référence mondiale car il fait autorité par la qualité de son contenu qui rassemble les meilleures connaissances établies en matière de luigini, en complément des catalogues existants qu’il valorise.
Le développement de la numismatique en Principauté, depuis le début du XXIe siècle et l’intérêt porté par S.A.S. le prince Albert II à cette discipline a suscité une nouvelle orientation de la collection princière. Dès son avènement, le prince Albert II s’est personnellement investi dans la mise en valeur historique des anciens fiefs territoriaux possédés autrefois par ses ancêtres, tant en France qu’en Italie. Seul ou en famille, le prince souverain visite chaque année un ou plusieurs de ces anciens fiefs.
En Italie, il y a bien sûr l’ancienne principauté de Bardi et Compiano, Borgo Val di Taro située entre le duché de Parme et la Spezia. Au début du XVIIe siècle, l’oncle maternel d’Honoré II de Monaco, le prince Federico Landi de Valdetare fut le tuteur de celui-ci, c’est-à-dire le régent de fait de la seigneurie de Monaco. C’est lui qui détermina son pupille à transformer en 1612-1614 la Seigneurie en Principauté et à proclamer son droit de battre monnaie. Il était donc naturel, sur le plan numismatique d’ajouter à la collection de monnaies monégasques du MTM une collection des monnaies de Federico Landi de Valdetare : la collection qui a été ainsi constituée, à partir de celle de l’ambassadeur René Novella, est la plus belle existante. Elle a été exposée à Charleville-Mézières en 2025 (Exposition Rethel-Mazarin).
Parmi les autres fiefs italiens, il faut signaler le marquisat de Campana et le comté de Canossa ainsi que quelques petits fiefs en Italie du Sud au-delà de Naples. Ces titres apparaissent sur les premières monnaies de Monaco frappées en 1640 : le MTM en présente la série la plus complète possible.
En ce qui concerne les anciens fiefs situés en France, les Grimaldi les ont reçus à trois occasions, aux XVIIe et XVIIIe siècles :
• En 1642, fiefs donnés par Louis XIII en compensation des fiefs italiens (Campana et Canossa, etc.) confisqués par le roi d’Espagne Philippe IV. Ces fiefs furent le duché-pairie de Valentinois, le marquisat des Baux de Provence, le comté de Carladez en Auvergne, la baronnie des Buis (Buis-les-Baronnies) en Dauphiné. Le titre de duc de Valentinois et pair de France figure sur les monnaies d’Honoré II.
• En 1715, fiefs de Normandie et de Bretagne (comté de Torigny-sur-Vise, baronnie de Saint-Lô, duché d’Estouteville, seigneurie de Matignon) apportés aux Grimaldi par Jacques de Gouyon-Matignon à l’occasion de son mariage avec Louise Hippolyte Grimaldi, princesse héritière de Monaco. Jacques de Gouyon-Matignon devient successivement duc de Valentinois et pair de France (1715) puis prince de Monaco (1731) avant d’abdiquer en faveur de son fils Honoré III en 1733 à la majorité de ce dernier, fixée à l’âge de 13 ans ;
• En 1770 fiefs en Ardenne (duché de Rethel), en Alsace (seigneuries de Thann et Belfort, comté de Ferrette) et en Île-de-France (Massy, Longjumeau, Chilly-Mazarin) par Louise d’Aumont, duchesse de Mazarin (Rethel-Mazarin) à l’occasion de son mariage avec le prince héritier de Monaco, futur Honoré IV.
L’intérêt porté par S.A.S. le prince Albert II aux anciens fiefs des Grimaldi a permis d’accroître sa collection de monnaies d’une part d’espèces de l’ancien duché de Valentinois (ancienne collection Chareyron) d’autre part des princes de Gonzague ducs de Rethel au XVIIe siècle. Les monnaies du Valentinois ont fait l’objet d’une exposition au MTM en 2023 avec catalogue rédigé par le commissaire général de l’exposition J. L. Charlet, tandis que les monnaies des Gonzague ducs de Rethel ainsi que les monnaies de Bardi et Compiano ont été exposées au musée de l’Ardenne de Charleville-Mézières de mars à juin 2025 (catalogue monétaire établi par Chr. Charlet).
Fig.6 - Pistole d’or - © Musée des Timbres et des Monnaies
Fig.7 - Tallero au phénix - © Musée des Timbres et des Monnaies
On le voit, le MTM a joué un rôle majeur depuis un quart de siècle dans le développement de la numismatique à Monaco et il est reconnu aujourd’hui comme un musée de haut niveau malgré sa dimension relativement modeste. Cela tient à la qualité de son contenu, notamment les grands outillages (balancier de Droz et découpoir de Gengembre). Parmi les monnaies exceptionnelles, on peut citer :
• La pistole d’or 1649 (fig.6), connue à quelques exemplaires et très recherchée.
• Le tallero au phénix, vers 1660, connu à 2 exemplaires (fig.7), sans doute créé à l’occasion du mariage du futur Louis Ier, petit-fils et successeur d’Honoré II. Cette extraordinaire monnaie aux armes paternelles (Grimaldi) et maternelles (Valdetare) d’Honoré II évoque à travers cet événement le « passage de témoin » du vieillard Honoré II à son très jeune petit-fils (18 ans) grâce au symbole du phénix renaissant de ses cendres. Cette monnaie d’exception n’avait pas cours en France mais pouvait circuler au Levant.
• L’écu d’argent de Louis Ier 1681. Cette monnaie rarissime (fig.8), dont le MTM expose aujourd’hui le plus bel exemplaire connu et qui a été exposée en Chine, est une imitation de l’écu de Louis XIV, peut-être gravée par l’artiste Joseph Roettiers. Ce portrait de 1682 est repris en 1708 par Antoine Ier (fig.9).
• L’essai en or de la magnifique pièce de 10 francs gravée par Roger Bernard Baron après le décès tragique de la princesse Grace en septembre 1983. Au revers figure une rose, symbole privilégié de la défunte (fig.10).
Fig.8 - Écu d’argent Louis Ier 1682 - © Musée des Timbres et des Monnaies
Fig.9 - Écu d’argent Antoine Ier (1708) - © Musée des Timbres et des Monnaies
Fig.10 - Essai en or 10F princesse Grace 1982 © Musée des Timbres et des Monnaies
Fig.11 - 5 francs Honoré V 1837 - © Musée des Timbres et des Monnaies
On notera par ailleurs que les pièces de 5 francs 1837 en argent (fig.11), décime et 5 centimes en cuivre, sont présentées à côté du balancier qui a servi à les frapper tandis qu’une maquette, réalisée par J. J. Turc, montre le fonctionnement matériel de l’atelier monétaire dans le Palais au XIXe siècle (fig.12).
Fig.12 - Maquette réalisée par Turc - © Musée des Timbres et des Monnaies
Lors de la dernière journée du patrimoine en octobre 2025, le MTM a reçu 175 visiteurs enchantés de leur passage au musée, de ce qu’ils ont découvert et des réponses qui ont été apportées à leurs questions. Avant eux, les participants au colloque de la SENA en 2015, aux Journées numismatiques de la SFN et, plus récemment encore Philippe Théret, Michel Taillard et Laurent Schmitt ont pu parvenir aux mêmes conclusions.
En raison d’importants travaux d’agrandissement du centre commercial de Fontvieille, il est possible que l’actuel musée des Timbres et des Monnaies soit déplacé dans un lieu non encore défini. Alors formons les vœux les plus fervents que si cette hypothèse se réalise la nouvelle vie que le MTM recevra sera le signe d’une nouvelle marche en avant.
Christian CHARLET
Membre du Comité de gestion
du MTM de Monaco depuis 1999
N.B. Les photos sont extraites de la brochure d’information et des archives du musée des Timbres et des Monnaies (MTM), ainsi que du Gadoury rouge 2017 pour le balancier de Droz.
L'équipe cgb.fr
Dans la boutique des monnaies mérovingiennes, un solidus a attiré notre regard et nous a surtout interrogés pour plusieurs raisons. Cette pièce est au nom de l’empereur byzantin, Justinien Ier (527-565) mais elle est attribuée au royaume ostrogoth, ce qui n’est pas exceptionnel au regard de la marque d’atelier à l’exergue du revers COMOB, qui constitue le plus souvent la marque des ateliers de Rome ou de Ravenne des souverains ostrogoths, successeurs de Théodoric (493-526), Athalaric (526-534), Théodahad (534-536), Witiges (536-540) et enfin Baduila (541-552) qui copient la titulature du nouveau souverain byzantin, Justinien Ier, à compter de 527. D’après les ouvrages de référence, l’ensemble des solidi au nom de Justinien est traditionnellement attribué au seul règne d’Athalaric. Cependant, ses successeurs ont pu aussi frapper des monnaies d’or au nom du basileos. Mais Justinien entame à partir de la mort d’Athalaric, la reconquête de la pars Occidentalis et de l’Italie, en particulier qu’il a confiée à Bélisaire (c. 500-565), l’un des plus grands généraux byzantins. Ce dernier s’empare progressivement du royaume ostrogoth, prend Rome dès 537 et Ravenne en 542. Justinien monnaye à Rome dès 537 avec des solidi du deuxième type. Notre solidus du premier type présente une particularité épigraphique en fin de légende de revers avec un I (iota) au lieu d’un A (alpha) qui ne sont pas ici des marques d’officines qui en comptaient dix pour l’atelier de Constantinople. Les solidi du premier type de Justinien Ier ont été fabriqués à Constantinople entre 527 et 537, mais portent toujours la marque CONOB à l’exergue du revers. Des solidi présentent cette marque numérale ou lettre initiale (I) sous le règne de Baduila, mais les pièces sont au nom d’Anastase (491-518) (cf. BMC 9, pl. X/24). Ce solidus constitue bien une énigme dont nous n’avons pas encore trouvé toutes les clefs afin d’en ouvrir la porte et de pouvoir l’attribuer avec certitude à un atelier, Rome, Ravenne ou Ticinum pour l’un des derniers souverains ostrgoths en Italie avant que les Lombards ne prennent le relais et ne s’installent pour longtemps dans la région (568-774), mais c’est une autre histoire.
ROYAUME OSTROGOTH – ATHALARIC
(31 août 526 – 2 octobre 534) ou BADUILA (septembre 541 ? – juillet ou août 552)
Athalaric, petit-fils de Théodoric le Grand (493-526), est le fils d’Amalasuntha et d’Eutharic. Son père est mort en 522 et il succède à son grand-père en 526. À sa mort en 534, sa mère Amalasuntha dispute le pouvoir à Théodahad (534-536), neveu de Théodoric le Grand, puis Witiges (536-540) et enfin Baduila (541-552), neveu d’Ildibad, dernier souverain ostrogoth en Italie. À partir de 537, Bélisaire, général de Justinien Ier, part à la conquête du royaume ostrogoth et s’empare de Rome, de Milan et de Ravenne, enfin Ticinum (Pavie). La présence byzantine est instaurée sur l’Italie pour plus de deux siècles.
Solidus au nom de Justinien Ier (527-565), Rome ou Ravenne, 527-534 ou 534-540 ou Ticinum 541-552
(Or, 4,28 g, 18 mm, 6 h) taille 1/72 L, poids théorique : 4,51g, 288 folles ou 11520 nummi
A/ D N IVSTINI-ANVS P F AVG
« Dominus Noster Iustinianus Pius Felix Augustus », (Notre Seigneur Justinien pieux heureux auguste).
Buste armé et casqué, de face ; tenant une lance de la main droite et un bouclier de la gauche (N’a).
R/ VICTOR-I-A AVGGGI/ *|-// COMOB
« Victoria Augustorum/ Comes Obryzium », (La Victoire des Augustes/ Comte or pur)
Victoire stylisée, debout à gauche, sur une ligne d’exergue, tenant une longue croix ; une étoile dans le champ.
BMC - Ratto - Kraus – coll. N. K. – MEC I/ -
Ce solidus est frappé sur un flan large et légèrement irrégulier avec un petit choc sur la tranche à 9 heures au droit. Reliefs bien venus à la frappe.
Très rare. TTB+/ SUP 2 500€
Cette pièce semble inédite et non recensée, elle manque à tous les ouvrages consultés avec cette marque en fin de légende de revers.
Ce type de solidus a pu être frappé par les successeurs immédiats d’Athalaric. En effet, l’ouvrage de W. Wroth, Western & Provincial Byzantine Coins of the Vandals, Ostrogoth and Lombards, London, 1911, p. 83, n°1, pl. X/16 indique que ce type pourrait avoir été frappé à Ticinum qui allait devenir Pavie sous les Lombards, après la chute de Ravenne, tombée aux mains des Byzantins. Mais certains solidi pourraient aussi avoir été frappés en Italie du Sud, dont Naples, capturée par Baduila en 543. Cependant, ces pièces sont normalement des imitations au nom d’Anastase.
Au terme de cet article, il reste plus de questions à résoudre que de certitudes vérifiées. Cependant, ce solidus est bien la preuve de la complexité, de la multiplicité et de la diversité des monnayages en Italie pendant cette période mouvementée. Si tous ces solidi sont des copies ou des imitations de Justinien Ier, beaucoup d’entre eux attendent encore une attribution certaine.
Ophélie LE DEZ & Laurent SCHMITT L'équipe cgb.fr
Si on regarde ce tétradrachme en ne s’attachant qu’au droit, nous pourrions avoir affaire à une monnaie de Syracuse. Cependant, une fois le revers examiné, nous devons bien nous rendre compte que nous sommes en présence d’un exemplaire appartenant au très grand ensemble placé sous le vocable de « monnayage siculo-punique ». Faut-il rappeler que la Sicile, de 480 à 241, fut largement disputée entre les Carthaginois d’un côté et les Grecs de l’autre avant de tomber sous la tutelle romaine à l’issue de la première guerre Punique (264-241 avant J.-C.) ? Avant l’île était, suivant les périodes, coupée en deux horizontalement, la partie est étant occupée par les Carthaginois, l’autre par les Grecs sans oublier les populations sicules, réfugiées an centre de l’île.
Ce monnayage, bien que moins prisé que les monnaies des ateliers de Syracuse, d’Agrigente, de Naxos, de Géla ou de Léontini par exemple, par sa richesse et sa diversité a retenu l’attention des collectionneurs. Mais il faut attendre la magnifique synthèse de G. K. Jenkins (1918-2005) qu’il a donnée dans la Revue Suisse de Numismatique (RSN/SNR) entre 1971 et 1978 sous le titre, Coins of the Punic Sicily, pour découvrir enfin la somme que ce monnayage méritait. Publiées sous forme d’articles, les quatre parties ont été rééditées sous la forme d’un ouvrage qui fait encore aujourd’hui, plus de cinquante ans après sa publication, référence. Depuis cette date, ce monnayage a gagné ses lettres de noblesse et les prix atteints par les plus beaux exemplaires n’ont rien à envier aux monnaies de la partie grecque.
Plus récemment, Oliver D. Hoover a actualisé le classement de Jenkins dans son ouvrage consacré aux monnayages de l’île, Handbook of Coins of Sicily (including Lipara), Civic, Royal, Siculo-Punic and Romano-Sicilian Issues. Sixth to First Centuries BC, Lancaster/ London, 2012, LXXXII + 489 p. 1798 n°(actuellement épuisé). Mais pour le monnayage d’argent en particulier, l’ouvrage pionnier de Jenkins reste incontournable, même si depuis sa parution, de nombreux autres ouvrages ou articles ont été publiés sur tout ou partie de son champ d’investigation.
Chaque fois, que vous vous trouvez en face d’un exemplaire du monnayage siculo-punique, vous devez avoir le réflexe immédiat de consulter le CPS pour Coins of the Punic Sicily.
SICILE - SICULO-PUNIQUES – ENTELLA
(Ve – IVe siècle avant J.-C.)
Cité de la Sicile occidentale près du roc d’Entella, près du territoire d’Elimi, la ville aurait été fondée par le héros éponyme Entello. La cité connut une certaine importance aux Ve et IVe siècles avant J.-C. avant se retomber dans l’anonymat. Peuplée par des mercenaires campaniens à la fin du Ve siècle avant J.-C. après avoir éliminé la population de la cité, Entella se rallia aux Carthaginois, stipendiés par eux. La cité resta sous influence carthaginoise jusqu’en 368/367 avant J.-C. au moment ou Denys l’Ancien s’empara de la cité et la retourna contre ses protecteurs. Les Carthaginois prirent Entella en 345/344 avant J.-C. Timoléon s’empara de la ville trois ans après mais dut la rendre finalement en 338 en vertu d’un traité avec les Carthaginois qui déterminait une ligne de démarcation de l’Halykos. Finalement à l’issue des guerres Puniques, Entella devint tributaire des Romains. La ville joua encore un rôle pendant les guerres Civiles qui opposèrent Sextus Pompée d’un côté, Marc Antoine et Octave de l’autre
Tétradrachme, Sicile, Entella (Le Camp), 350-320/315 avant J.-C.
(Ar, 17,02 g, 26,50 mm, 1h) étalon attique, poids théorique : 17,28 g, 4 drachmes ou 24 oboles
A/ Anépigraphe
Tête féminine (Aréthuse) à gauche, les cheveux tirés en arrière avec couronne d’épis, boucle d’oreille et collier, entourée de quatre dauphins.
R/ Anépigraphe
Cheval debout à droite devant un palmier ; un croissant derrière le cheval ; un petit pavot entre les antérieurs du cheval et la base du palmier.
CPS 119 – HGCS 2/ 277
Superbe monnaie sur un flan large, légèrement décentré au droit. Très beau revers de style fin. Petite marque de coup sur le portrait de Tanit. Patine grise avec de légers reflets dorés.
Très rare. SUP 6 000€
Mêmes coins que l’exemplaire de la vente Hess-Leu 1957, n° 159
Ce monnayage est imité de celui de Syracuse gravé par Kimon, Evainète et leurs successeurs. Comme pour Panorme, l’actuelle Palerme, le monnayage fut fabriqué en quantité à partir de 409 avant J.-C. Le nom carthaginois d’Entella (le Camp) ne débuterait pas avant 350 avant J.-C. Notre exemplaire appartient à une période plus tardive, fabriqué entre 350 et 320/315 avant J.-C. Ce tétradrachme appartient à la série 2 du classement de G. Kenneth Jenkins, Coins of Punic Sicily, part 3, SNR 56, 1977, p. 5-65, pl. 1-22. Cette série comprend les numéros 49 à 141 (A/ 13 à A/ 46 et R/ 43 à R/ 147). Plus précisément, notre pièce est dans la série 2c avec la particularité d’avoir la tête d’Aréthuse entourée de quatre dauphins comme à Syracuse (n° 113-119, A/ 39 et R/ 103 à 108 pour un total de 26 exemplaires). Pour notre variété avec le pavot au revers nous avons trois combinaisons n° 117, 118 et 119 pour un total de 9 exemplaires tandis que pour notre combinaison n° 119 (A/ 39 – R/ 108), nous avons seulement six exemplaires recensés dont trois en musée (Cambridge coll. McLean 3039, Londres, SNG Llyod n° 1618 et musée de Syracuse, coll. Cagliardi n° 1004) et trois exemplaires en mains privés dont celui de la vente Hess-Leu 1957, n° 139 (16,35 g).
Avec ce tétradrachme, légèrement décentré au droit, ce qui fait aussi son charme, et seulement trois des quatre dauphins visibles nageant autour de la tête d’Aréthuse, nous avons un très bel exemplaire attachant qui semble prendre vie au premier regard, la preuve si cela était nécessaire, que la boutique des monnaies grecques regorge de pépites, qui n’attendent que vous !
Marie BRILLANT & Laurent SCHMITT L'équipe cgb.fr
SYLLOGE NUMMONRUM ROMANANORUM ITALIA
Sous la direction de Niccolò Daviddi et Francesco Paratico, Sylloge Nummonrum Romananorum Italia (SNGRI), Museo Archoeologico « Gaio Cilnio Mecenate di Arrezzo », Roma – Repubblica, Miniisterio della Cultura. Direzione regionale Musei nazionali Toscana, Edizioni D’Andrea, Bari, 2025, relié cartonné 21 x 30 cm, 216 p. 632 n°, illustrations couleur (en italien). Code : Ls 121 ; Prix : 55€.
Sous la direction de Stefano Bani, Sylloge Nummonrum Romananorum Italia (SNGRI), Museo Archoeologico « Gaio Cilnio Mecenate di Arrezzo », Volume II, Roma – Impero, Edizioni D’Andrea, Bari, 2025, relié cartonné 21 x 30 cm, 287 p., 822 n°, illustrations en couleur (en italien). Code : Ls 122 ; Prix : 60€.
Nous avons déjà eu l’occasion plusieurs fois de vous présenter des ouvrages de la série SNGRI, dont plusieurs volumes de la série ont été rédigées pour le Monetiere del Museo Archeologico Nationale, Firenze : vol. I, Augusto ; (vol. IV. 1 & 2 guerres Civiles et Flaviens ; vol. IX. 1& 2, les Sévères ; vol. X, de Maximin Ier à Volusien ; vol. XI, d’Émilien à Victorin ; vol. XIII, de Dioclétien à Licinius II dont nous avons pu rendre compte dans les colonnes du Bulletin Numismatique et qui sont toujours disponibles pour ces volumes et en cours de publication pour ceux restant à paraître.
« Le premier livre de cette célèbre institution est consacré à l'un des monnayages qui a toujours fasciné les chercheurs du monde entier, celui de la Rome républicaine. Les spécimens les plus anciens, c'est-à-dire la série des monnaies coulées, sont conservés ici. L'ouvrage se termine par les premiers exemplaires en argent, frappés après que Rome eût pris contact avec l'Italie méridionale. Niccolò Daviddi et Francesco Paratico, avec la contribution de Fiorenzo Catalli, grâce à la clairvoyance des responsables Stefano Casciu et Maria Gatto, respectivement directeur régional des musées nationaux de Toscane et directeur du musée Archéologique national d'Arezzo. »
Après les présentations communes, propres à ce type d’ouvrages, pour les responsables régionaux et du musée (p. 3) le début du livre est suivi du mot de l’éditeur Alberto D’Andrea (p. 4 ) et précède une introduction détaillée de l’histoire de la collection du musée Archéologique national d’Arezzo par F. Paratico (p. 5-23) où son auteur décrit le lieu de conservation, l’ampleur de la collection numismatique depuis l’origine. Ces données sont complétées par une chronologie du monnayage républicain sous la même plume (p. 24-30).
Le catalogue débute à la page 30 pour prendre fin à la page 182 avec un total de 632 notices de monnaies depuis la série librale (n° 1-46) jusqu’à trois quinaires d’Octave, frappés en 29-27 avant J.-C., auxquels s’ajoute une monnaie de Panorme. Les 390 premiers numéros de la SNG ne sont constitués pratiquement que de monnaies de bronze coulées ou frappées, photographiées à l’échelle 1, souvent avec de jolies patines vertes, en dehors de quelques deniers (p. 30-122). Les pages suivantes voient se mélanger les dernières monnaies de bronze associées au monnayage d’argent des IIe et Ier siècles avant J.-C. Parmi ces monnaies, nous découvrons un rare aureus pour Sylla frappé en 82 avant J.-C. (n° 553, p. 154 (agrandissement) et 155). Si la collection d’argent ne présente rien d’exceptionnel, celle de bronze est tout à fait édifiante et mérite notre attention. Elle confirme la richesse des musées italiens pour ces séries, souvent délaissées chez nous, en raison de leur aspect et de leur masse qui ne s’intègrent pas toujours facilement dans les médailliers en dehors du Cabinet des médailles (BnF/ DMMA). Il est à noter que le dernier numéro est une reproduction et décrite comme telle.
Ce premier volume se referme sur plusieurs index, fort utiles : ateliers (p. 183) ; autorités d’émission (p. 184-189) ; types de droit (p. 190-191) et de revers (p. 194-194) complétés par celui des légendes (p.195-201). Un appendice traite des deniers serrati (p. 202-204) et de ceux qui sont fourrés ou suberati (p.205-207) complété par des remarques sur les monnaies contremarquées (p. 207) ainsi que celles portant des graffiti (p. 208-209) ainsi qu’un bronze revêtu d’une inscription étrusque. La bibliographie (p. 211-216) referme l’ouvrage.
Nous invitons nos lecteurs à se procurer cet ouvrage, en particulier pour ceux qui s’intéressent au monnayage de bronze de la République romaine.
« Le second volume de cette série poursuit le projet de diffusion du patrimoine numismatique du musée Archéologique national d’Arezzo, en se concentrant sur la collection de monnaies impériales romaines, d’Auguste à Honorius, l’un des derniers souverains de Rome. Le livre a été réalisé par Stefano Bani, avec la contribution du Dr. Fiorenzo Catalli, grâce à la prévoyance des fonctionnaires Dr. Stefano Casciu et Dr. Maria Gatto, respectivement directeur régional des musées nationaux de Toscane et directeur du musée Archéologique national d'Arezzo. »
Si les dix-huit premières pages de ce second volume sont identiques à celles du premier, son contenu différent, débute à la page 19 pour se terminer à la page 245 autour de 822 notices pour les monnaies. Nous avons été un peu surpris par le nombre de copies modernes depuis la Renaissance qui sont incorporées dans le catalogue au lieu, par exemple, d’être rejetées à la fin. Même si ces monnaies font partie intégrante de l’histoire de la collection. Les placer ainsi, dans le corps du catalogue pourrait tromper les moins attentifs de nos lecteurs ou bien ceux qui ne maîtrisent pas l’italien ! Les copies côtoient parfois de manière troublante les originaux, pouvant créer une confusion.
L’ordre du catalogue est chronologique. Nous avons deux aurei pour Néron (n° 112 et 113) dont celui de couverture qui ne respecte pas le classement et un binio (4,07 g) de Gallien (253-268) qui ne figure pas dans les ouvrages de référence dont le Toffanin en italien, consacré au monnayage de l’atelier de Milan, cité dans la notice, mais pas repris dans la bibliographie.
Des tableaux des dynasties sont incorporés au catalogue et se trouvent aux pages 26, 39, 103 et 128. Ils sont empruntés à l’ouvrage de V. Piccozzi, la Monetazione Imperiale Romana, Roma, 1966, bien qu’ancien, toujours utile.
Une bibliographie indigente puisqu’elle ne comporte que deux titres : Cohen et RIC et encore, dans sa version arrêtée en 1994, sans tenir compte des éditions ultérieures jusqu’en 2024. Un peu sommaire pour ce type d’ouvrage (p. 246). Plusieurs index viennent compléter l’ouvrage (p. 247-287) qui ne seront peut-être pas d’une grande utilité car difficiles à utiliser.
Avec des photos de très bonne qualité, même parfois pour des exemplaires de piètre qualité avec des très jolies patines pour les bronzes, cet ouvrage s’intègre parfaitement dans la série des SNGRI, mais nous a laissés un peu plus sur notre faim.
Laurent COMPAROT & Laurent SCHMITT L'équipe cgb.fr
Il arrive parfois que de petites trouvailles anciennes, qui ont alimenté les grandes collections de la fin du 20e siècle, refassent surface près d'un quart de siècle après. Dans les années 90, bien avant l'arrivée de l'euro, une petite trouvaille d'une dizaine de billets de 100 NF Bonaparte neufs fit le bonheur de quelques collectionneurs.
- Ces billets (F.59.26) du 02 avril 1964, alphabets 295 à 298 (ce dernier n'étant pas mis en circulation en totalité) sont rares, très rares en non épinglés et extrêmement rares en neuf.
- Dans son inventaire des billets rares, sur 117 billets recensés pour cette date, Claude Fayette ne compte que deux numéros en « presque neuf » avec la mention « exemplaire exceptionnel ». Ils proviennent de cette trouvaille : Z.297 n°705 et 706 (le 704 est aussi répertorié en SPL+).
- Les billets de la trouvaille sont tous des Z.297, les numéros sont de 704 à 714. Pour partie, nous en connaissons les détenteurs et, pour certains, le pedigree. Voici le détail* avec qualités vérifiées et prix arrondis :
Z.297 n°704 : SPL+ Vente CGB en 2009 - Vendu 3900€
Z.297 n°705 : pr.NEUF Vente CGB en 2001 coll. Pernoud 1200€ puis en 2018 coll. Masson 4200€
Z 297 n°706 : SPL Vente CGB en 2023 coll. Fayette 2300€ (illustre le Fayette 2000)
Ce billet plié en deux servait « d'emballage » aux 10 autres billets.
Z.297 n°707 : Collection privée inconnue
Z.297 n°708 : Collection privée connue
Z.297 n°709 : Collection privée connue
Z.297 n°710 : Pas d’information
Z.297 n°711 : 55EPQ Collection privée connue depuis la gradation ( PMG 55EPQ)
Z.297 n°712 : pr.NEUF Disponible à la vente : CGB Avril 2026
Z.297 n°713 : Collection privée connue
Z.297 n°714 : Collection privée connue
La provenance de cette trouvaille semble être celle d'un caissier Banque de France. Les billets ont été cédés à un collectionneur et ensuite à un autre amateur.
Comme vous l’avez remarqué, le numéro 712 est noté disponible à la vente. Il sera proposé dans la Live auction CGB d’avril 2026. Ne manquez pas cette opportunité !
*Ces informations de type « collection connue » nous ont été fournies par un amateur sérieux, s’agissant d’un partage familial, nous ne pouvons pas donner plus d’indications.
Jean-Marc DESSAL L'équipe cgb.fr
LE DIXIÈME D’ÉCU AUX BRANCHES D’OLIVIER,
TÊTE CEINTE D’UN BANDEAU DE LOUIS XV,
FRAPPÉ EN 1741 À AIX-EN-PROVENCE (&)
Dans l’internet auction CGB du 14 avril 2028 sera présenté sous le numéro bry_1105222 (2,95 g, 21,5 mm, 6 h.) un dixième d’écu aux branches d’olivier, tête ceinte d’un bandeau de Louis XV, frappé en 1741 à Aix-en-Provence (&). Cette monnaie est signalée à partir des archives dans l’ouvrage Monnaies royales françaises et de la Révolution (1610-1794), n° 34 134, p. 988 mais n’était pas retrouvée. D’après nos recherches en archives, 98 120 dixièmes d’écu ont été délivrés pour un poids de 1 181 marcs 12 deniers. Pour cette production, 16 exemplaires ont été mis en boîte. Arnaud CLAIRAND
RARISSIMES DENIERS SÉVÉRIENS À REVERS INÉDIT
DANS LE MONNAYAGE IMPÉRIAL ROMAIN
Nous présentons ici deux deniers absents du RIC et pour partie mal décrits dans le RSC.
L’allégorie du revers figure la Victoire conduisant un quadrige au galop, tenant dans ses mains une couronne et une palme.
RIC -, RSC 713b, coll. de l’auteur
On connait trois autres exemplaires de cette monnaie :
• BM 1992,0509.64, ex coll. G.R. Arnold, publié dans le Seaby’s Coin and Medal Bulletin de janvier 1964, vendu par Curtis Clay au British Museum (coins différents, plus frustres) : c’est la référence du RSC.
• Vente CNG Triton VI, lot 949 (même coin de revers que la nôtre)
• Vente Helios Numismatik n°2, lot 328 (même paire de coins que la nôtre).
Ce revers fut aussi frappé pour Caracalla dans cette même émission, mais pas pour Geta, semble-t-il :
RIC -, RSC 622a corr. Vente CNG E-auction 309 lot 313
On connait un autre exemplaire de cette monnaie, de mêmes coins (vente Teutoburger Münzauktion n°136, lot 591).
Elle est mal décrite par le RSC à la référence 622a : il y est écrit sur la foi d’un catalogue Trinchant qu’il s’agirait d’un « RIC 170var » où la victoire sur bige tiendrait couronne et palme au lieu du fouet, alors qu’il s’agit d’un quadrige. Cette erreur est compréhensible dans la mesure où la Victoire est quasiment toujours représentée sur bige dans ces émissions sévériennes, tant sur aurei que sur les autres espèces, à l’exception du rarissime aureus RIC 300 qui propose un quadrige où la Victoire tient un fouet :
RIC 300, vente Heritage n°3097, lot 30098
De même, le RSC 713a décrit pour Septime Sévère une victoire avec palme et couronne sur bige, mais prend pour référence la publication de Seaby évoquée ci-dessus, qui présentait l’exemplaire à quadrige de la coll. J.R. Arnold… qui est la référence du 713b. Il conviendrait de vérifier ce que présentait le bulletin Seaby : y avait-il vraiment deux monnaies, l’une avec bige et l’autre avec quadrige, ou s’agit-il de la même monnaie ?
Le style des bustes (dessin de barbe de Septime, Caracalla imberbe avec favoris) nous conduit à situer leur émission en l’an 208, dans la même émission que le quinaire de Septime daté de la XVIe puissance tribunicienne à la victoire debout à gauche, tenant palme et couronne (RIC 223). C’est l’année du départ de Sévère et de ses fils pour la campagne calédonienne, que ces revers à victoires visent à placer sous les meilleurs auspices.
Singulièrement, si la victoire debout est souvent représentée avec palme et couronne, le cas est rarissime lorsqu’elle conduit un char. Ce revers n’a pas d’équivalent dans le monnayage impérial ni dans le monnayage grec, à notre connaissance. Il faut remonter à la République, près de 3 siècles avant, pour en trouver le prototype :
Q. Antonius Balbus. Crawford 364/1d, Sydenham 742, vente Bertolami n°44 lot 257
Il ne sera repris qu’une fois, 40 ans plus tard, au moment du triomphe de César lié à ses quatre victoires :
C. Considius Paetus. Crawford 465/5, Sydenham 994. Vente NAC 138 lot 517
Singulièrement, ce très beau revers ne réapparaîtra plus après Septime Sévère. On ne reverra la victoire avec palme et couronne sur char que sur quadrige statique à gauche, sous Probus, puis sous Carus et Carinus sur un bige à gauche.
Olivier GUYONNET L'équipe cgb.fr Bonjour
Nous vous proposons pour cette semaine un ensemble de billets étrangers.
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Merci de collectionner avec CGB Numismatique Paris Pablo MEDINA CARVAJAL
874 lots sont proposés dans la vente Internet Auction - Avril 2026 de CGB Numismatique Paris. La clôture Live (offres en direct) se déroulera mardi 14 avril 2026 à partir de 14h00 (heure de Paris). Les lots présentés couvrent l'ensemble de l'histoire numismatique, des antiques aux monnaies royales et modernes françaises en passant par les monnaies du monde, ou encore les médailles.
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Tétradrachme d'Athènes c. 430 AC.
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La phase Live de la vente (offres en direct) débutera mardi 14 avril 2026 à partir de 14h00. N'oubliez pas de vous créer un pseudo pour pouvoir y participer : création compte/pseudo
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Retrouvez-nous en distan(ciel) le lundi 13 avril 2026 pour découvrir la conférence de Jean Rougemont (vice-président des ADR et secrétaire du CEN) qui traitera le sujet suivant :
« Hélios et Sénélé par les monnaies dans l’espace gréco-romain ».
Cet exposé sera précédé par les chroniques consacrées aux rubriques habituelles : des nouvelles de l’archéologie par Marie-Laure Le Brazidec (vice-présidente des ADR) et des nouveautés bibliographiques par Jean Rougemont et la chronique des informations par Laurent Schmitt.
Laurent SCHMITT (ADR 007) L'équipe cgb.fr
LE DOUZIÈME D’ÉCU, PORTRAIT À LA MÈCHE LONGUE DE LOUIS XIV,
FRAPPÉ EN 1654 À TOULOUSE (M)
Monsieur Christian Fouet nous a adressé la photographie d’un douzième d’écu, portrait à la mèche longue de Louis XIV, frappé en 1654 à Toulouse (M) (2,24 g) absent de l’ouvrage Monnaies royales françaises et de la Révolution (1610-1794), n° 33 118, p. 421. Les mises en boîte de la Monnaie de Toulouse pour l’année 1654 ne mentionnent pas de douzièmes d’écu, mais seulement des louis d’or, des demis et des quarts d’écu d’argent frappés entre le 26 septembre et le 31 décembre 1654 sous l’exercice d’Alexandre Belleguise, maître et fermier particulier. Ce dernier avait pour différent un oiseau à droite, or ce douzième d’écu porte une palme au-dessus du buste se rencontrant jusqu’en 1653. La palme est en effet le différent de Jean Baccarisse, ayant les droits de Louis Montilz, maître et fermier particulier. Faut-il y voir un douzième d’écu frappé au début de l’année 1654 et dont les productions auraient été comptabilisées avec celles de 1653 ? Il faut noter que sur ce douzième d’écu, le différent du graveur, une coquille, est doublé et se trouve à la fois sous le buste du roi et en début de légende du revers. Arnaud CLAIRAND |

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