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Chers Collectionneurs,

La BOUTIQUE MODERNES de Cgb.fr vous propose cette semaine une sélection spéciale Collection Xavier - Le Franc Germinal composée de quatre-vingt-quatorze monnaies modernes françaises et de deux lots, comprenant entre autres cinquante-et-une pièces de 1 Franc ainsi que quarante-trois pièces de 5 Francs (+ les deux lots) :

La BOUTIQUE MODERNES, c'est aussi un choix de plus de 10 000 monnaies et, chaque semaine, une sélection de 150 monnaies minimum dans nos e-Auctions au prix de départ 1 euro.

Et bien entendu, n'oubliez pas de placer vos ordres sur la Live-Auction qui clôture le mardi 3 Décembre 2019 !

Bonne(s) trouvaille(s) !

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Laurent VOITEL
| 15/11/2019
Annonces

218 monnaies antiques en ligne

Bonjour, 

Découvrez aujourd'hui une sélection de 218 monnaies antiques : grecques, romaines, byzantines, provinciales et gauloises. 

Les prix varient de 60 à 2800 euros.    

Cliquez ici pour accéder aux monnaies grecques

Cliquez ici pour accéder aux monnaies romaines

Cliquez ici pour accéder aux monnaies provinciales

Cliquez ici pour accéder aux monnaies byzantines

Cliquez ici pour accéder aux monnaies gauloises

Bon week-end avec Cgb.fr

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Marie BRILLANT

Bonjour, 

Découvrez aujourd'hui une sélection de 104 monnaies carolingiennes, féodales et royales.

Cliquez ici pour accéder aux monnaies carolingiennes

Cliquez ici pour accéder aux monnaies féodales

Cliquez ici pour accéder aux monnaies royales

Bonne journée avec Cgb.fr

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Pauline BRILLANT

Bonjour ,

Aujourd'hui découvrez sur la boutique des monnaies du monde un ensemble de nouvelles monnaies étrangères de pays et époques divers.

Merci de collectionner avec Cgb.fr !

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Matthieu DESSERTINE
| 14/11/2019
Informations

LES BILLETS FRANÇAIS DU XIXe

Lors de la dernière édition en format poche de La Cote des billets, nous avons décidé, avec Claude Fayette, de réintroduire l'ensemble des billets du XIXe afin de proposer un catalogue complet des billets de la Banque de France. Toutes ces émissions sont rares et même pour celui que l'on rencontre le plus souvent, le 20F type 1871 (F.A46), seuls 246 exemplaires sont référencés dans l'inventaire toutes dates confondues soit presque deux fois moins que le 5000F Flameng (F.43) !

Il y a une cinquantaine de types pour le XIXe, totalisant 219 références différentes. Dans ses ouvrages antérieurs, plus détaillés, Claude Fayette avait déterminé nettement plus de variantes, mais face à l'extrême rareté de certains types, nous avons réduit ces listes afin de proposer une série plus accessible aux collectionneurs.

Certains billets types sont inconnus en collection privée mais conservés dans les archives de la Banque de France. Pour ces billets, les chances d'en retrouver sont maigres mais les surprises sont toujours possibles…

Sur les 219 références proposées, 87 ne sont pas connues en mains privées. Il est plus que probable que certains collectionneurs possèdent quelques exemplaires non encore inventoriés, cet article les poussera peut-être à nous les faire découvrir.

L'inventaire de Claude Fayette (http://www.fayette-edition.com/inventaire_XIX/index_XIX.php) répertorie un peu moins de 800 billets du XIXe. Ces informations détaillées sont essentielles pour les collectionneurs.

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Jean-Marc DESSAL

Plus de 620 lots sont proposés dans la Live Auction Décembre 2019 de CGB Numismatique Paris. Les pré-ordres et offres maximum peuvent être placés dès à présent. La clôture Live (offres en direct) se déroulera le mardi 3 décembre 2019 à partir de 14h00 (heure de Paris). Les monnaies présentées couvrent l'ensemble de l'histoire numismatique, des antiques aux monnaies royales et modernes françaises en passant par les monnaies du monde, ou encore les médailles.

Placez vos pré-ordres dès à présent :

La phase Live de la vente (offres en direct) débutera mardi 3 décembre 2019 à partir de 14h00. N'oubliez pas de vous créer un pseudo pour pouvoir y participer : création compte/pseudo

Besoin d'y voir plus clair dans le déroulement d'une Live Auction ? cliquez ICI.

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L'équipe cgb.fr

Le louis d’or dit « aux lunettes » de Louis XV, frappé en 1740 à Grenoble (Z)

Nous avions proposé en 2012 dans la vente sur offres Monnaies 58, n° 171 (8,12 g, 24mm, 6 h.), un louis dit « aux lunettes » de Louis XV frappé en 1740 à Grenoble. Cette monnaie a été présentée trop tard pour être intégrée dans la dernière édition du Répertoire de Frédéric Droulers (2012), si bien qu’elle est signalée comme non retrouvée. Un second exemplaire est actuellement proposé dans notre boutique internet sous le n° bry_481516 (8,08 g, 23,5 mm, 6 h.). Ces deux monnaies sont issues de carrés de droit et de revers différents. D’après le Répertoire de Frédéric Droulers, ce sont 1 092 louis qui ont été frappés à ce type en 1740 à Grenoble. D’après nos recherches en archives, ce sont 3 967 louis qui ont été frappés en 1740 à Grenoble pour un poids de 132 marcs 1 once 11 deniers 3 grains et 9 exemplaires ont été mis en boîte. Ces monnaies furent mises en circulation suite à 9 délivrances entre le 13 mars et le 9 décembre 1740. En raison de l’apparition du type dit «  au bandeau » courant juin 1740, Frédéric Droulers assigne 1 092 louis au type dit aux lunettes et 2 875 au type dit « au bandeau ». Le type au bandeau n’a jamais été retrouvé et les archives de la Monnaie de Grenoble ne précisent pas s’il y a eu un changement de type dans cet atelier en 1740 et si oui, à quelle date ? Pour le moment, nous assignons les 3 967 louis frappés au seul type dit « aux lunettes ». Le louis dit « au bandeau » de Grenoble au millésime 1740 est toutefois connu par un faux louis d’or qui a été proposé par CGF/CGB dans la vente sur offres Monnaies 26, n° 1128 (5,53 g, 24,5 mm, 6 h.)

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Arnaud CLAIRAND
| 12/11/2019
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E-auction n° 344 - Cgb.fr

Bonjour, Cgb.fr vous présente sa nouvelle E-auction, avec des prix de départ à 1 euro, pas de prix de réserve et pas de frais acheteurs. Le collectionneur décide du prix de la monnaie !

Cliquez ici pour vous inscrire et participer aux e-auctions

Cliquez ici pour accéder aux articles de la vente

La nouvelle e-auction de Cgb.fr vous propose un large choix de monnaies, jetons et billets, quelque soit votre domaine de collection.

Pour obtenir toutes les informations sur le fonctionnement des e-auctions, rendez-vous sur la Foire Aux Questions.

Bonne chasse !

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Fatima MAHFOUDI

Bonjour, 

Découvrez aujourd'hui une sélection de 94 monnaies de la république romaine avec de nouveaux prix.

Les prix varient de 50 à 400 euros.

   

Bonne semaine avec Cgb.fr

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Marie BRILLANT

Bonjour,

Il ne vous reste plus que quelques heures pour miser ou augmenter votre offre maximum avant la fin de notre E-auction 343 - à partir de 14h00, un article sera attribué au dernier gagnant toutes les 30 secondes.

E-auction 343 ce sont des centaines de monnaies, jetons et billets. C'est vous qui décidez du prix !

Vous n'êtes pas encore inscrit ? Rejoignez-nous

A vous de jouer !!

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Fatima MAHFOUDI

Dans le Bulletin Numismatique n°189 de septembre 2019, Gildas Salaün, responsable du médaillier au musée Dobrée, a analysé les 60 écus de 1834 de Nantes présents dans le Trésor de Clisson. Il y a détecté la progression spectaculaire d’une cassure de coin.

Il émet l’hypothèse que cette cassure de coin fut détectée rapidement mais que les cadences rendues nécessaires cette année-là par la démonétisation des anciennes monnaies duodécimales n’ont pas permis d’attendre la livraison par Paris d’un nouveau coin d’avers et que les frappes avec la cassure de coin ont pu durer plusieurs jours voire plusieurs semaines. Il se demande s’il y a eu interruption du service qui pourrait expliquer une production annuelle en progression cette année-là de seulement 49% à Nantes par rapport à celle de 159% par exemple à La Rochelle. Il regrette l’absence de trace archivistique permettant d’éclairer ces points.

À l’occasion de la préparation du livre Le Franc, les Monnaies, Les Archives, nous avons numérisé un grand nombre de registres d’archives que détenait la Monnaie de Paris et qu’elle a transférés au Service des Archives Economiques et Financières à Savigny-le-Temple.

Voici les éclairages apportés par les archives aux interrogations de M. Salaün.

Tout d’abord, plongeons-nous dans le registre des délivrances de 1834 pour Nantes [MEF-MACP, SAEF / X.Ms27].

Collections historiques de la Monnaie de Paris, X.Ms27

On y découvre que les délivrances suivantes ont été effectuées à Nantes :

  • 188 délivrances (dont 4 refondues) de 5 F du 7 janvier 1834 au 5 janvier 1835 pour un total de 2 118 481 exemplaires (incluant les échantillons pour tests des délivrances) ;
  • 13 délivrances de 2 F du 12/02/1834 au 15/12/1834 pour un total de 104 260 exemplaires ;
  • 8 délivrances de 1 F du 20/01/1834 au 18/12/1834 pour un total de 101 561 exemplaires ;
  • 4 délivrances (dont 1 refondue) de ½ F du 24/01/1834 au 12/09/1834 pour un total de 55 331 exemplaires ;
  • 2 délivrances de ¼ F du 25/01/1834 au 26/09/1834 pour un total de 33 561 exemplaires.

Six exemplaires pour chaque production sont utilisés pour réaliser les tests de délivrance.

Collections historiques de la Monnaie de Paris, X.Ms27

Les délivrances de 5 Francs varient de 5 158 à 22 158 exemplaires avec une moyenne qui s’établit à 11 500 exemplaires par délivrance.

Il y a un doute sur l’interprétation de la date consignée dans ce registre : s’agit-il de la date de production ou bien de celle du jugement de la délivrance ?

Quoiqu’il en soit, l’étude de la répartition des dates montre que la période d’inactivité la plus longue fut seulement de 6 jours du 3 au 8 août (le 3 était un dimanche mais nous n’avons pas de trace de l’application ou non dans les ateliers monétaires à cette époque d’un repos dominical).

Par grand bonheur, des registres de coins existent pour les monnaies de Louis-Philippe : [MEF-MACP, SAEF/Y,Ms.Fol.95] (1832 à 1847) et [MEF-MACP, SAEF/Y.Ms.Fol.96] (4e trimestre 1830 à 1843). Ces registres sont en partie redondants car ils couvrent de manière commune 1832 à 1843. Le premier registre comporte en plus le nombre de coins péris au travail et péris aux épreuves. La dernière étape de fabrication des coins est la trempe, une étape délicate. Lors de celle-ci, certains coins se brisent ou éclatent et sont consignés dans la colonne « coins péris au travail ». Lorsque les coins sont livrés par le graveur général, ils sont mis à l’épreuve avant leur envoi effectif aux ateliers de fabrication. À ce stade également, les coins peuvent se briser ou éclater. Ils entrent alors dans la colonne « péris aux épreuves ». Le Ms Fol 95 a été tenu par les graveurs généraux Nicolas-Pierre Tiolier puis Jacques-Jean Barre ou leurs représentants. Ce registre a été coté et paraphé par le commissaire général de la Monnaie : Joseph Moulard. Ces documents sont précieux car ils indiquent notamment le nombre de coins de revers et leur destination ainsi que la date à laquelle ils ont été livrés et le résultat de leurs épreuves. La date de livraison indiquée est quasi certainement celle de la livraison par le graveur général à l’Administration Centrale, correspondant à sa mise en épreuve avant expédition aux ateliers. Les coins d’avers ne sont pas distingués par atelier (aucune marque ou différent d’atelier ne figurant sur l’avers). Ils sont consignés avec le terme « Dépôt » dans la colonne « Destination ».

Aussi, avec ces registres nous ne pouvons pas savoir combien de coins d’avers ont été livrés à Nantes en 1834 mais nous savons combien de coins de revers destinés à Nantes ont été livrés par le graveur général et ont résisté aux épreuves :

  • 6 coins de revers de 5 Francs (14/01/1834)
  • 6 coins de revers de 5 Francs (22/03/1834)
  • 6 coins de revers de 5 Francs (09/04/1834)
  • 6 coins de revers de 5 Francs (10/06/1834)
  • 5 coins de revers de 5 Francs (08/10/1834)
  • 6 coins de revers de 5 Francs (10/11/1834)

Soit un total de 35 coins de revers.

© Collections historiques de la Monnaie de Paris, Y.Ms95

© Collections historiques de la Monnaie de Paris, Y.Ms96

À titre de comparaison, il y a eu pour Nantes 36 coins de revers livrés par le graveur général en 1833 et 10 en 1835. Les chiffres de fabrication ont été de 1 435 472 (1833), 2 118 377 (1834) et 293 311 (1835).

Peut-on pour autant en déduire que pour une production en 1834 d’environ 50 % supérieure à celle de 1833, il y a eu l’utilisation de la même quantité de coins (à un près : 35 contre 36) ?

Nullement ! Les archives de l’époque montrent clairement que l’Administration, malgré des remontrances aux ateliers, acceptait l’utilisation des surplus de coins de l’année précédente. Voici la retranscription d’un document d’archives présent dans notre ouvrage, page 434 : « Aux Commissaires du Roi (Strasbourg excepté) Malgré une recommandation, renouvelée chaque année à M.M. les Commissaires du Roi et à M.M. les Directeurs de la fabrication, d’apporter dans leurs demandes de coins de revers, surtout vers la fin de l’année, assez de réserve pour que ces coins puissent être employés avant le 1er janvier suivant ; il arrive cette année, ce qui a eu lieu en 1833, qu’un grand nombre de coins de revers restera sans emploi au 31 décembre courant. Pour que la valeur de ces coins ne tombe pas en pure perte à la charge du trésor, j’ai l’honneur de vous prévenir que la Commission a décidé que les Monnaies continueraient à faire usage, pendant les quatre premiers mois de 1835, (délai qu’elle juge satisfaisant) des coins de revers au millésime 1834, qui resteront encore bons à l’expiration de la présente année. »

Collections historiques de la Monnaie de Paris, MEF-MACP, SAEF / E2-1

Au regard de cette information, l’utilisation en 1834 des coins de revers n’a probablement pas été de 35 mais plutôt bien supérieure. Jusqu’à la fermeture de l’atelier de Nantes en 1835, il y a eu 163 coins valides de revers de 5 Francs livrés par le graveur général et portant la lettre d’atelier T de Nantes.

Avec la tolérance temporelle accordée par l’Administration, il est donc probable qu’hormis éventuellement quelques coins de 1835 (dus à la fermeture de l’atelier), tous ont été utilisés. Cela donnerait ainsi une moyenne de frappes d’environ 42 000 par coin de revers. Avec une production de 2 118 377, cela ferait une consommation d’une cinquantaine de coins pour 1834.

Doit-on en déduire que l’utilisation des coins d’avers fut également d’une cinquantaine ? Un document d’archives nous montre que cela serait une conclusion bien trop hâtive. Il s’agit du registre [MEF-MACP, SAEF/Y,Ms.Fol.63] qui consigne les consommations de coins d’avers et de revers ainsi que des viroles brisées, et ce par année et par atelier !

Collections historiques de la Monnaie de Paris, Y.Ms63

Malheureusement, ce précieux registre ne couvre que les années 1840 à 1875. Par conséquent, nous n’avons pas l’information pour 1834 à Nantes…

Toutefois, les informations des premières années de ce registre sont instructives et extrapolables à 1834 car la presse monétaire n’a pas encore substitué le balancier. Même s’il y a une grande disparité selon les ateliers, on constate globalement en synthèse, une nette surconsommation des coins d’avers au regard de celle de revers :

Avec une moyenne d’environ 30 000 pièces frappées par paire de coins, cela donnerait environ 70 paires de coins utilisées en 1834 à Nantes pour la 5 Francs. Avec des coins de revers estimés à une cinquantaine (la moyenne de 42 000 frappes environ par coin de revers à la base de ce calcul - voir ci-avant - est d’ailleurs confortée par la moyenne de 40 900 observée entre 1840 et 1843), cela donnerait un nombre d’avers utilisés proche de 100, ce qui est très plausible au vu de la surconsommation des coins d’avers versus celle de revers.

Pour une production qui s’est étalée en 188 délivrances, cela donne grosso modo une durée de vie des coins de revers de 4 jours contre 2 jours ou moins pour ceux d’avers.

L’hypothèse avancée dans l’article de M. Salaün n’est donc pas plausible. Le coin d’avers après sa cassure n’a pas pu permettre d’assurer une production sur plusieurs semaines en attendant une nouvelle livraison ou occasionner une suspension d’activité importante. Un coin peut se briser violemment d’un coup ou bien progressivement en commençant par une simple fêlure. Quand bien même cette fissure initiale est minime, elle occasionne une faiblesse dans la structure du coin qui diminue singulièrement sa durée de vie. Cela fut le cas pour le coin d’avers étudié par M. Salaün au travers des exemplaires retrouvés dans le trésor de Clisson. Par ailleurs, la grande présence de ce coin d’avers particulier dans ce trésor n’est nullement représentative de son occurrence dans la production globale nantaise de 1834. Elle est en quelque sorte fortuite, due d’une part à la constitution du trésor lui-même et d’autre part à un contrôle de qualité plus ou moins tolérant effectué à l’atelier de Nantes. Il est très probable que le propriétaire du trésor avait apporté des matières d’argent (peut-être sous forme de monnaies duodécimales anciennes, mais pas forcément car, à cette époque, tout particulier pouvait apporter aux ateliers monétaires des matières d’argent ou d’or sous des formes diverses) et ainsi reçu en échange des nouvelles monnaies d’une même délivrance et de surcroît rapprochées dans la succession des frappes. Le constat aurait été tout autre si le groupe d’écus de 1834 T présent dans le trésor s’était constitué sur la base de pièces extraites de la circulation sur plusieurs années et à des endroits différents…

Il est à noter qu’à cette époque, le directeur de l’atelier n’avait pas intérêt à pousser les frappes avec des coins usés ou cassés. En effet, à l’occasion de la décision, prise le 11 juin 1829, de démonétisation des espèces duodécimales, les refontes de ces monnaies et les frappes en nouvelles monnaies vont amener un travail et un bénéfice accrus pour les directeurs des ateliers de fabrication sur les années suivantes mais également des frais supplémentaires à l’État. La commission des monnaies en a profité pour faire accepter un changement d’importance aux directeurs d’ateliers : l’État ne prendra plus en charge les frais de fabrication des coins, qui seront reportés sur les directeurs de fabrication. Mais il y a un changement majeur qui a son importance ici : le graveur général ne sera plus payé au coin livré mais en fonction de la production des monnaies produites par les ateliers ! Après plusieurs échanges entre les trois parties, il est arrêté que le graveur général touchera 5 cts par kilogramme de matières d’or et d’argent fabriqué [MEF-MACP, SAEF / E2]. Le graveur général Tiolier obtiendra ultérieurement qu’une somme supplémentaire lui soit attribuée quand le poids des divisionnaires venait à dépasser les 1/40 du poids des 5 Francs produites, soit le ratio visé par la Commission des Monnaies. Le respect du ratio a son importance car il faut bien sûr moins de coins pour fabriquer le même poids en 5 Francs qu’en 2 Francs et ainsi de suite… Lors de ces échanges, il est aussi noté que les coins de 5 Francs frappent plus de flans que ceux de 2 Francs, ces derniers plus que ceux de 1 Franc et ainsi de suite, ce qui tient à « leur force et à leur consistance » (la géométrie des coins de plus en plus petits les rendant plus fragiles) [MEF-MACP, SAEF / E2].

Comme on peut le voir, le prix des coins payés par les directeurs d’atelier n’est pas lié au nombre de coins mais à la quantité de pièces frappées. Le directeur d’atelier a donc tout intérêt à les faire changer dès qu’ils sont usés ou fissurés. Tenter de pousser la production avec de tels coins lui amène plus de risques (celui d’endommager le balancier ou de voir sa délivrance refusée donc refondue à ses frais) et ce pour des bénéfices qui seraient, eux, pour le graveur général. Cela a d’ailleurs poussé les directeurs à faire des demandes de livraisons de coins surestimées. Pour cette raison, il est très peu probable que Nantes se soit retrouvé en rupture de stock de coins (ce que l’étude des périodes d’inactivité au vu des dates de délivrances nous laissait entendre également).

Tiolier ayant négocié avec l’Administration « qu’il soit indemnisé des coins qui pourraient lui rester à la fin de chaque exercice et qui deviendraient sans emploi, soit par un changement de millésime, ou par toute autre circonstance indépendante de la volonté de ce fonctionnaire. », cela avait poussé cette dernière à autoriser l’utilisation des coins d’un millésime les premiers mois de l’année suivante comme nous l’avons évoqué plus haut dans cet article. Cette pratique ne cessera d’ailleurs que quand les frais des surplus de coins demandés et non utilisés par les ateliers seront facturés en plus aux directeurs d’ateliers !

Voici terminé ce tour d’horizon des apports des archives à la problématique soulevée par M. Salaün dans son intéressante étude autour du Trésor de Clisson. Nous regrettons que le registre de correspondance ait été contaminé par les champignons au moment de notre phase de numérisation. L’avenir nous apportera donc peut-être encore d’autres éléments au sujet des écus frappés à Nantes en 1834 !

Philippe Théret - ADF 481 unionetforce@free.fr

RÉFÉRENCES

[MEF-MACP, SAEF / E2] Série E2, les technologies mécaniques appliquées au monnayage (1791 à 1946).

[MEF-MACP, SAEF / X.Ms27] Registre de fabrication Or et Argent 1834.

[MEF-MACP, SAEF / Y.Ms63] Or – argent. Moyennes des pièces frappées. 1840-1895.

[MEF-MACP, SAEF / Y.Ms95] Registre. Tirage et livraisons. Mars 1832 – juin 1847.

[MEF-MACP, SAEF / Y.Ms96] Type Louis Philippe Roi des français. Enregistrement des fournitures de coins et coussinets. Depuis le 9 août 1830.

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Le Musée Dobrée de Nantes a décidé de lancer une série de publications relative à ses collections riches de plusieurs dizaines de milliers de monnaies. En 2018, Gildas Salaün chargé des collections de numismatique et de sigillographie du musée avait déjà fait paraître Dépôts monétaires en Loire-Atlantique - Des trésors et des hommes. Ce nouvel ouvrage toujours sous la direction de Gildas Salaün s'attache à la publication de la collection de monnaies mérovingiennes.

 

Les fonds numismatiques du Musée Dobrée doivent beaucoup à quelques esprits éclairés. Parmi eux, figure Fortuné Parenteau (1814-1882) qui à partir de 1844 a collectionné toutes les monnaies découvertes localement en prenant soin de consigner leur provenance dans un registre qui constitue toujours une précieuse source de référence. Il rejoint ensuite la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Inférieure. Sa passion pour les monnaies et bijoux anciens le pousse à s'intéresser à l'archéologie. Les objets de la société intègrent la chapelle de l’oratoire en 1856 et à partir de 1881, il dresse l'inventaire de ce qui est devenu le musée départemental d'archéologie.

Le Musée Dobrée possède 78 monnaies de l"époque mérovingienne datant du Ve au VIIe siècle. Chacune de ces monnaies est photographiée en couleur, très largement décrite et commentée dans la partie catalogue, elle-même divisée en trois parties : les imitations de monnaies impériales (vers 500-560, 18 monnaies), les frappes locales (vers 560-675, 57 monnaies) et les deniers (vers 675-750).

Le catalogue est précédé de préfaces et d'une introduction sur les réalités du commerce et de la circulation monétaire en Gaule à l'époque mérovingiennes. En fin d'ouvrage, Maryse Blet-Lemarquand du Ernest-Babelon - IRAMAT d'Orléans présente l'analyse métallique des monnaies de la collection

Certes, le présent ouvrage est limité à la présentation des exemplaires conservés au Musée Dobrée mais il a aussi le mérite de mettre en valeur ces monnayages mérovingiens peu connus, souvent méprisés, historiquement coincés entre les splendeurs des monnaies antiques et la renaissance monétaire du Moyen Age. Pourtant, entre ces deux époques, il existe aussi ces témoignages numismatiques, illustrations de courants commerciaux qui vont peu à peu passer du commerce de l'Orient méditerranéen tenu par les "Syriens" au développement du commerce de l'Europe du Nord qui émerge peu à peu et connaîtra un rayonnement économique majeur.

Encore une fois, le propos est clair et pas inutilement technique. La présentation est agréable et les illustrations de qualité. Le domaine de la numismatique mérovingienne n'est le sujet le plus "vendeur" de la numismatique et pourtant l'auteur s'en tire bien et on ne peut que le féliciter de nous proposer ce livre au prix très raisonnable.

Monnaies Mérovingiennes - Collections du Musée Dobrée par Gildas Salaün avec la collaboration de Maryse Blet-Lemarquand, Nantes 2019, (17 x 24 cm), 128 pages, photographies en couleur, bibliographies, 20 €

Source illustrations : Grand Patrimoine, Loire Atlantique.

 

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Laurent COMPAROT
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